Sophia Chikirou au siège du Front de gauche de Jean-Luc Melenchon en octobre 2016.
Sophia Chikirou au siège du Front de gauche de Jean-Luc Melenchon en octobre 2016. — JEROME MARS/JDD/SIPA

EXPLICATIONS

VIDEO. Comptes de campagne de LFI: «Il n’y a pas eu de surfacturations», assure Sophia Chikirou

La conseillère communication de Jean-Luc Mélenchon, soupçonnée d’avoir surfacturé ses prestations au candidat en 2017, a été entendue à deux reprises par la police anticorruption…

  • Sophia Chikirou, conseillère communication de Jean-Luc Mélenchon, est également la directrice de Mediascop, l’agence de communication qui s’est occupée de la campagne du candidat en 2017.
  • La directrice de Mediascop est soupçonnée d’avoir surfacturé certaines prestations.
  • La communicante a été entendue à deux reprises par la police anticorruption, dans le cadre de l’enquête sur les comptes de campagne du candidat.

Sous le coup des projecteurs depuis les révélations de FranceInfo, Sophia Chikirou s’est exprimé pour la première fois, ce mardi, sur BFMTV. « Il n’y a pas eu de surfacturations », a martelé la dirigeante de la société de conseil Mediascop au micro de Ruth Elkrief. Cette dernière est soupçonnée d’avoir surfacturée certaines prestations auprès de Jean-Luc Mélenchon, dont elle était la directrice de communication lors de la campagne présidentielle de 2017.

« Je veux dire les choses clairement. Il n’y a pas eu de surfacturations. Mediascop n’a pas surfacturé. Il n’y a pas eu de détournements de fonds publics. Il n’y a pas eu d’enrichissement personnel », a martelé Sophia Chikirou, avant d’ajouter : « Je suis là pour défendre mon honneur. Je n’ai rien à me reprocher. » « Il n’y a pas de surfacturation, il y a beaucoup de fake news et de chiffres faux », a-t-elle ajouté.

« Une descente de police »

« J’ai subi trois perquisitions : à mon domicile, à mon entreprise et mon comptable en a subi une. Les policiers se sont très bien comportés avec moi : j’ai répondu à toutes leurs questions », a expliqué la directrice de Mediascop qui s’est dit « satisfaite de cette explication » avec les enquêteurs. A l’inverse, elle a qualifié les « dix-sept perquisitions » dans les locaux de La France insoumise, de « descente de police ».

Sur son rôle au sein du parti dirigé par Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou assure : « Je n’étais pas donneur d’ordre, j’étais prestataire. Ce n’est pas moi qui ai commandé à Mediascop », avant d’ajouter : « Il n’y a aucun soupçon sur la réalité du travail de Mediascop. »

 

Des attaques « misogynes »

Sur la différence de prix, par rapport aux tarifs habituels, pointée par FranceInfo, elle explique : « Je fournis une grille tarifaire qui correspond au prix du personnel. J’ai beaucoup sous-traité, Mediascop n’a pas tout fait. Sur 900 000 euros, la moitié a été sous-traitée à d’autres sociétés, qui n’ont pas les mêmes tarifs. J’ai tout simplement répercuté les prix sur les factures. » « Il n’y a pas eu de favoritisme. Les politiques travaillent avec des gens qu’ils connaissent, en qui ils ont confiance », a expliqué la conseillère communication.

« Je subis des attaques que je qualifie de misogynes », a estimé Sophia Chikirou, à propos d’articles la présentant comme une directrice autoritaire et sévère. La directrice de Mediascop est ensuite revenue sur les perquisitions réalisées au siège de La France insoumise et au domicile de son leader​, la semaine dernière : « Ce matin-là, quand nous avons été perquisitionnés, j’ai réagi en état de choc. J’étais tellement sidérée que je me suis endormie. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a réagi », a-t-elle expliqué.

« On a fait face à un lynchage médiatique, on arrive au bout »

« Jean-Luc Mélenchon a pu nous représenter dignement. Il a représenté la colère que j’ai ressentie », a ajouté Sophia Chirikou avant d’ajouter : « On a fait face à un lynchage médiatique, on arrive au bout. Aujourd’hui, on se calme. »

Sophia Chikirou a été auditionnée à deux reprises dans les locaux de la police anticorruption (OCLCIFF) à Nanterre, vendredi et lundi, dans le cadre de l'enquête autour des comptes de campagne du leader de La France insoumise. Le site Mediapart, de son côté, a affirmé qu’elle entretient une relation intime avec le patron de La France insoumise, une information que ce dernier a démenti sur les réseaux sociaux.