Toulouse: Faux départ et gros couac pour l'arrivée des trottinettes électriques en ville

BUG Après seulement trois jours d’exploitation, la société Lime a suspendu le déploiement de ses trottinettes électriques en libre service dans la Ville rose. La mairie, non prévenue, menaçait de sortir son carnet à PV…

Beatrice Colin

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Les trottinettes électriques de la société Lime.
Les trottinettes électriques de la société Lime. — Michel Euler/AP/SIPA
  • Samedi, la société Lime a mis en service les premières trottinettes électriques en libre-service de Toulouse, avant de les retirer dans la nuit de lundi à mardi.
  • La mairie a jugé illégale cette occupation du domaine public et demande à la société de s’engager à signer une charte, avec notamment le paiement d’une redevance.

Un petit tour et puis s’en va. Samedi, les Toulousains ont vu déferler en ville les premières trottinettes électriques en libre-service. Après les vélos Indigo Weel, et avant les scooters électriques mi-novembre, ces nouveaux « véhicules légers électriques urbains » ont été déployés dans les rues de la Ville rose par la société Lime, déjà présente à Paris.

Sans borne, pouvant rouler jusqu’à 24 km/h, ces trottinettes ne sont pas passées inaperçus. « J’en ai vu partout ce week-end. J’ai téléchargé l’application lundi, je voulais les tester, mais ce matin il n’y en avait plus une », peste Gilles, un trentenaire.

Dans l’illégalité selon la mairie

Les trottinettes n’ont pas disparu d’un coup de baguette magique, elles n’ont pas non plus toutes été volées au cours de la nuit dernière.

L’opérateur a pris la décision de mettre en stand-by son service seulement trois jours après son lancement. Il faut dire que la mairie a peu apprécié d’être mise devant le fait accompli, sans être prévenue du lancement. La collectivité menaçait même de faire pleuvoir les PV si la société ne retirait pas ses engins.

« Ils nous ont envoyé un mail au mois d’août et depuis plus rien. Ils sont arrivés sans prévenir et c’est une occupation illicite du domaine public. Nous allons leur imposer notre charte », explique Jean-Michel Lattes, adjoint au maire aux déplacements, qui a peu goûté la méthode.

Redevance et équipe sur place

Cette charte impose la présence d’une équipe sur place pour gérer les trottinettes, mais aussi une mise en service progressive de ces véhicules. Elle engage aussi les opérateurs à payer une redevance, comme celle dont s’acquitte déjà la société Indigo pour ses vélos en free-floating (10 euros par an par véhicule) ou Citiz pour ses voitures (150 euros par an par véhicule).

« Tout le monde paie une redevance lorsqu’il y a occupation de l’espace public, c’est le cas pour les terrasses ou les étals, ce sera aussi le cas pour les trottinettes électriques. Nous voulons aussi une mise en place progressive. La société City Scoot voulait par exemple déployer 500 scooters d’un coup, on a dit non, ils sont repartis. Nous imposons aussi des zones de stationnement délimitées et ceux qui se garent en dehors sont pénalisés », poursuit l’élu qui se dit malgré tout favorable au développement de ces nouveaux outils de mobilité.

Et la société Lime, qui n’est pas la seule à vouloir se lancer sur le pavé toulousain, semble avoir compris le message. Mardi, elle a confirmé avoir « décidé d’interrompre son service de trottinettes électriques en free floating, le temps d’obtenir son agrément officiel ».

« Lime a l’intention de mettre en place le meilleur service possible pour les Toulousains et entend travailler étroitement avec la mairie qui a souhaité mettre en place une procédure à laquelle Lime s’est immédiatement conformé pour s’inscrire dans une relation de long terme avec la ville », poursuit son service communication.