VIDEO. Attentats: «On a vu des horreurs», François Molins revient sur sept ans à la tête du parquet de Paris

TERRORISME Procureur de la République de Paris depuis sept ans, il doit quitter son poste en novembre pour rejoindre la Cour de cassation...

M.C.

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François Molins, procureur de Paris, le 23 janvier 2017.
François Molins, procureur de Paris, le 23 janvier 2017. — Witt/SIPA

Son visage, sa présence, son accent étaient devenus familiers aux Français. François Molins, procureur de la République de Paris depuis sept ans, doit quitter son poste en novembre pour rejoindre la Cour de cassation, après avoir incarné l'antiterrorisme français face aux attentats djihadistes qui frappent le pays depuis 2012.

Nommé procureur de Paris en novembre 2011, quatre mois avant les tueries (7 morts) de Mohamed Merah, c’est surtout à partir des attentats de 2015 que ses interventions télévisées accompagnent une période de traumatisme pour le pays. « On a vu des horreurs. On a été confronté à des choses auxquelles aucun parquet ni procureur en France n’avait été confronté jusque-là », a raconté François Molins, mardi sur France 3.

«On s’est rendu compte qu’on rassurait»

La parole publique de celui qui dirige les enquêtes, seul autorisé à communiquer, est parcimonieuse, réservée aux périodes de crise, exercée sans gourmandise. Devenues un rendez-vous incontournable après chaque attaque, ses conférences de presse débutent invariablement par un message de compassion aux victimes. « On a le droit d’avoir des émotions mais l’enjeu pour nous c’est de savoir les gérer et de faire en sorte qu’elles ne dégradent pas la qualité professionnelle », dit-il.

Minutieusement préparées, ses interventions ont pour objectif d'informer et de rassurer, sans gêner les enquêteurs. « On n’est pas là pour faire peur aux gens. On n’y avait pas pensé au début, mais on s’est rendu compte qu’on rassurait. On a toujours eu la volonté de ne pas en rajouter. »

La menace terroriste « un peu moins forte, beaucoup plus diffuse »

François Molins estime qu’aujourd’hui, la menace terroriste est « un peu moins forte qu’elle ne l’était il y a deux ans. Elle a évolué, s’est atomisée, elle est beaucoup plus diffuse et le fait d’un certain nombre d’individus plus ou moins connus qui ont été dissuadés ou empêchés de partir en Syrie et peuvent être tentés de passer à l’acte, inspirés par les appels au meurtre de Daesh. » « Un peu plus de 520 dossiers » seraient toujours en cours, pour 1680 personnes mises en cause.

Au moment de tourner la page, François Molins se dit « fier d’avoir dirigé un parquet comme ça ». Mais « on ne peut pas partir en disant c’est parfait, j’ai fait tout ce que j’ai voulu faire », tempère-t-il. Il sera remplacé par Rémy Heitz, un haut magistrat passé par la Sécurité routière. En revanche, un parquet national antiterroriste devant être bientôt créé, son successeur ne devrait pas être chargé de ces dossiers.