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INDUSTRIELSUne enquête sur une possible entente sur les prix des jambons

«Cartel du jambon»: Des entreprises se sont-elles entendues sur les prix de la charcuterie?

INDUSTRIELSL'Autorité de la concurrence s'intéresse actuellement à 14 industriels, qui se seraient mis d'accord, entre 2011 et 2013, sur les prix des produits de charcuterie...
Un paquet de jambon Fleury Michon (image d'illustration).
Un paquet de jambon Fleury Michon (image d'illustration). - GILE MICHEL/SIPA
Manon Aublanc

Manon Aublanc

Les industriels du secteur se sont-ils entendus sur les prix du jambon. C’est ce que tente de savoir l’Autorité de la concurrence, qui enquête sur un possible « cartel du jambon », révèle Le Monde, ce vendredi.

L’Autorité de la concurrence s’intéresse actuellement à 14 industriels, qui se seraient mis d’accord, entre 2011 et 2013, sur les prix des produits de charcuterie. Et parmi les sociétés visées par cette enquête, on retrouve les leaders du marché, comme Fleury Michon, l’ex-Financière Turenne Lafayette (William Saurin, Paul Prédault…), le géant Nestlé, Les Salaisons celtiques (qui produisent pour Intermarché) ou encore Campofrio Food qui détient la marque Aoste.

L’alerte donnée en 2012

Selon Le Monde, si l’entente est avérée, il s’agirait d’une première dans l’histoire de la concurrence. Le journal révèle que l’entente n’aurait pas eu été faite sur les prix de vente en grandes surfaces, mais en amont, lors de l’approvisionnement des matières premières. Un détail qui permet de penser que plusieurs produits de charcuterie, du jambon aux lardons, en passant par le saucisson, sont concernés.

L’alerte aurait été donnée en 2012 par une entreprise du secteur de l’approvisionnement. Cette dernière s’était alors directement adressée à l’Autorité de concurrence pour demander l’ouverture d’une enquête. Une information que l’instance a confirmée au Monde.

Des perquisitions menées chez les industriels concernés

Plusieurs perquisitions ont été réalisées chez les industriels du secteur pour rechercher des preuves de cette entente : « A la fois à la baisse, sur les variations de la cotation du jambon auprès des abatteurs, et à la hausse, sur les prix pratiqués à l’égard de leurs clients de la grande distribution, cette deuxième pratique s’étendant à l’ensemble des produits de charcuterie », explique un arrêt de la cour d’appel de Paris sur l’affaire.

Ce n’est pas la première fois que l’Autorité de concurrence enquête sur des possibles ententes sur les prix. En 2012, elle avait condamné les producteurs d’endives (3,6 millions d’euros d’amende), de farine (242 millions d’euros), la même année, ou encore ceux de yaourts en 2015 (192 millions d’euros). Sa décision devrait être rendue en 2019.

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