Lyon: Après l’abandon de l’autoroute A45, qui a le plus à perdre?

TRANSPORTS Les acteurs économiques de la Loire se disent « trahis »…

Caroline Girardon

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Le projet d'autoroute A45 entre Lyon et Saint-Etienne a été officiellement abandonné.
Le projet d'autoroute A45 entre Lyon et Saint-Etienne a été officiellement abandonné. — G. Varela/ 20 Minutes
  • La ministre des Transports a confirmé mercredi soir l’abandon du projet d’autoroute A45 entre Lyon et Saint-Etienne.
  • Pour les décideurs économiques de la région, c’est l’incompréhension.
  • Pour les élus de la Loire aussi.

Avant même que la nouvelle ne soit officiellement confirmée mercredi soir, les réactions se sont enchaînées. Si les élus écologistes et les mouvements luttant pour la préservation de l’environnement se sont félicités de l’abandon du projet de construction de l’autoroute A45 entre Lyon et Saint-Etienne, d’autres ont franchement eu du mal à avaler la pilule. A commencer par l’ensemble des acteurs économiques.

« Aujourd’hui, c’est l’incompréhension », lâche le Collectif 45, porte-parole de 120.000 entreprises de la Loire et du Rhône, parlant même de « trahison ». « Cette décision est scandaleuse pour les entreprises, dont la compétitivité est pénalisée par des centaines de milliers d’heures de travail de perdues sur une autoroute A47 paralysée et pour des salariés excédés », juge-t-il.

Selon lui, cette infrastructure aurait « pu être le tremplin d’une nouvelle dynamique au service des habitants et du développement économique de l’aire métropolitaine Lyon-Saint-Etienne » Un avis partagé par les élus ligériens, qui contrairement aux décideurs politiques du Rhône, se sont toujours mobilisés en faveur du projet.

Du mépris pour les élus locaux

« Le dossier de l’A45 était techniquement, juridiquement et financièrement bouclé depuis avril 2017. Seule manquait la signature du gouvernement pour que le chantier démarre », rappellent conjointement Gaël Perdriau, le maire de Saint-Etienne et Georges Ziegler, président du conseil général de la Loire. « Ce gouvernement rompt la parole donnée en méprisant nos territoires. De son bureau parisien, Elisabeth Borne (ministre des Transports) sacrifie un projet vital sans même se déplacer sur le terrain », ajoutent-ils.

« En n’entretenant pas suffisamment nos infrastructures routières et ferroviaires, l’État pénalise les usagers de notre région », a de son côté regretté Laurent Wauquiez, président d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Une sanction contre les élus de la Loire ?

Pour d’autres, cette décision est avant tout « politique ». Elle viserait à sanctionner le comportement des élus de la Loire, affichant souvent leur hostilité aux décisions du gouvernement.

« Le maire de Saint-Etienne n’a cessé de se mettre à dos l’Etat en autant de déclarations provocatrices, du "dîner de cons" à l'Elysée à "Macron m’a tué"  devant la préfecture », tacle Maurice Vincent, ancien maire PS de la ville. Et d’analyser : « Par ailleurs, les élections législatives et sénatoriales ont brusquement conduit plusieurs parlementaires favorables à changer d’avis en en devenant des opposants déclarés. Evolution évidemment catastrophique pour le rapport de forces national ».