Circulation: Les péages urbains bientôt autorisés à l'entrée des grandes villes?

POLLUTION L'objectif est de «limiter la circulation automobile et lutter contre la pollution et les nuisances environnementales»... 

Manon Aublanc

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Circulation à Paris, illustration.
Circulation à Paris, illustration. — SIPA

Payer cinq euros pour circuler dans Paris ou Marseille ? C’est (presque) fait. Dans le cadre de la loi d’orientation sur les mobilités, le gouvernement veut autoriser la création de péages urbains dans les grandes villes, pour lutter contre la pollution atmosphérique.

La mesure défendue par la ministre des Transports, Elisabeth Borne, inscrite dans le projet de loi mobilité, devrait être présenté en Conseil des ministres en novembre prochain. Les péages urbains, qui existent déjà dans plusieurs grandes villes européennes, seraient autorisés dans les agglomérations de plus de 100.000 habitants. Selon le texte, l’objectif est de « limiter la circulation automobile et lutter contre la pollution et les nuisances environnementales ».

Des forfaits « journée », la gratuité pour les résidents

Selon le texte du projet de loi, les automobilistes pourraient donc bientôt débourser 2,50 euros pour circuler dans les villes de 100.000 habitants. Un tarif qui grimperait à 5 euros pour les agglomérations de plus de 500.000 habitants, comme Paris ou Marseille. Pour les camions, le tarif pourrait être quatre fois plus élevé et atteindre les 10 euros, dans les villes de plus de 100.000 habitants. Si des forfaits sont envisagés pour les automobilistes qui entrent et sortent plusieurs fois par jour, la gratuité pourrait être mise en place pour les résidents.

« Les lois Grenelle ont déjà autorisé le péage urbain il y a une dizaine d’années mais elles n’avaient pas prévu les conditions, ce qui fait que les élus intéressés in fine n’ont pas pu le mettre en place », a expliqué François de Rugy, le ministre de la Transition écologique, ce jeudi, sur BFMTV. « Jusqu’à présent, il n’y avait pas de cadre clair, de plafond. C’est la première fois depuis 1982, ce n’est pas tous les jours, que l’on fait une loi d’orientation sur les transports en France. Il y aura énormément de mesure », a-t-il ajouté.

Une politique de circulation durcie

Le choix final sera laissé aux villes et aux métropoles qui pourront adapter les tarifs, les périmètres ou encore instaurer un péage inversé. Ainsi, les conducteurs qui laissent leurs voitures au garage aux heures de pointe pourront être récompensés de quelques euros.

Les péages urbains pourraient également être combinés aux nouvelles zones à faibles émissions (ZFE). En 2020, une vingtaine d’agglomérations françaises, comme Paris, Lyon, Grenoble, ou encore Marseille, seront concernées par les ZFE, mises en place pour limiter l’accès au centre-ville des véhicules les plus polluants. A Paris ou Grenoble, qui utilise également la vignette Crit’Air​ pour limiter l’accès à leur centre-ville, la politique de circulation automobile pourrait donc se durcir encore plus.