Nantes: Un mois après l'évacuation de Daviais, comment s’organise le relogement des 700 migrants?

MIGRANTS Près de la moitié des migrants pris en charge par la mairie a rejoint un logement…

Julie Urbach
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Près de 90 migrants sont installés au Clos-Toreau à Nantes
Près de 90 migrants sont installés au Clos-Toreau à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Le 20 septembre dernier, le square Daviais a Nantes était évacué
  • Ses 700 occupants, après avoir été transférés dans des gymnases, ont pour certains intégré des appartements

Après les tentes du square Daviais et les lits de camp dans les gymnases, ils vont pouvoir apprécier de se coucher sur des matelas. Un mois après l’évacuation du campement du centre-ville de Nantes, près de la moitié des 700 migrants pris en charge par la mairie de Nantes ont désormais rejoint de vrais logements. Mercredi, 27 hommes ont quitté le gymnase Paon pour intégrer une dizaine d’appartements situés à Saint-Herblain. Trente-cinq autres rejoindront la semaine prochaine ces T2 ou T3, dans cet immeuble (qui doit être démoli au printemps prochain) mis gracieusement à disposition par le bailleur Harmonie Habitat.

Au sud de Nantes, 88 hommes originaires du Soudan, de Guinée ou d’Erythrée ont quant à eux élu domicile depuis quelques jours, et pour six mois, quartier Clos-Toreau, dans un bâtiment municipal. « Ici il n’y a pas de problème, on peut cuisiner, on se sent comme chez nous », sourit Boubikir. « Certains étaient très fatigués quand ils sont arrivés, constate Isabelle Le Sommer, responsable de l’association Anef Ferrer, qui les encadre. Depuis quelques jours, les choses bougent : ils vont commencer les cours de français, des activités sportives, continuer les démarches pour leurs papiers grâce à un accompagnement personnalisé… » « En dix jours, mon dossier a bien avancé, se félicite un autre habitant, originaire de Guinée. A chaque fois que j’en ai besoin, je peux demander des conseils. »

La cuisine d'un appartement de Saint-Herblain, où les migrants son accueillis
La cuisine d'un appartement de Saint-Herblain, où les migrants son accueillis - J. Urbach/ 20 Minutes

Les gymnases libérés après les vacances

Alors que la mairie de Nantes a décidé, fin septembre, de prendre elle-même en charge les migrants du square Daviais (une responsabilité en théorie de l’Etat), ce qu’elle appelle « la deuxième étape », en l’occurence la recherche de logements plus pérennes après la phase des gymnases, est cependant loin d’être achevée. Car si, au total, quelque 300 migrants se sont installés dans l’agglo nantaise mais aussi à Saint-Brévin, il reste encore plusieurs centaines de places à trouver, avant que ceux qui obtiennent le statut de réfugiés rentrent dans un autre parcours locatif.

« Les choses avancent grandement, dans le but que les gymnases soient libérés après les vacances de la Toussaint », promet Johanna Rolland, la maire de Nantes. « Il appartient à l’ensemble des communes et des collectivités qui possèdent du patrimoine immobilier de se mobiliser », ajoute cependant Bertrand Affilé, le maire de Saint-Herblain, en réponse à certaines critiques.

Car sur le plan politique, la question des migrants cristallise de plus en plus les tensions, alors qu’une subvention de 4 millions d’euros a été votée la semaine dernière. L’opposition a notamment remis en cause « l’accueil inconditionnel », arguant qu’une trentaine d’exilés continueraient d’arriver chaque jour à Nantes. « Je répète que tout ce que nous faisons là, c’est normalement à l’Etat de le faire. Et que je ne tolérerai pas de nouvelle occupation de l’espace public », répond Johanna Rolland. Pour éviter toute installation, le  jardin des Fonderies ainsi que le square Daviais sont toujours barrés.