Alsace: Après une série noire, comment réduire les accidents sur l’autoroute A35 dans le Haut-Rhin?

SECURITE ROUTIERE Limitation de vitesse, régulation, répression, plusieurs pistes sont à l’étude – où sont déjà en place – pour réduire les accidents sur l’A35 dans le Haut-Rhin…

Gilles Varela
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Illustration autoroute
Illustration autoroute — G. VARELA /20 MINUTES
  • L’autoroute A35 dans le Haut-Rhin a connu une série d’accidents mortels, ces dernières semaines.
  • Le préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet, a mis à l’étude la possibilité d’une baisse de la vitesse à 110 km/h au lieu de 130 km/h, mais d’autres pistes sont également envisagées.

Trop d’accidents impliquant poids lourds et automobilistes ces derniers mois sur les autoroutes A35 et A36 dans le Haut-Rhin. Six décès depuis la fin de l’été. Une série noire qui force à repenser la sécurisation de ces deux tronçons d’autoroutes. Différentes pistes sont à l’étude.

Baisse de la vitesse

Baisser la vitesse autorisée de 130 à 110 km/h sur l’ensemble de l’A35, comme proposé par le préfet du Haut-Rhin Laurent Touvet, est certainement la mesure la plus simple (pas forcément la plus populaire) et la plus rapide à mettre en œuvre : pas besoin d’une loi, cela est de son ressort.

Mais est-elle pour cela forcément efficace ? L’objectif est d’éviter les « coups d’accordéons, les ralentissements-accélérations, d’assurer une plus grande fluidité pour réduire les risques d’accidents », assure le préfet qui a confié à la direction des routes de l’Etat une étude sur le sujet. Cette dernière bénéficie de l’expérience de l’autoroute A31 (Nancy-Metz-Thionville) mais aussi sur l’A35 où la vitesse sur certains tronçons a déjà été abaissée à 110 km/h. De cette étude dépendront les mesures qui pourraient être prises prochainement.

Première certitude selon la préfecture, les accidents graves, impliquant les poids lourds, sont bien dues à des coups d’accordéon, des ralentissements brutaux. Reste « qu’il n’y a pas de corrélation entre la vitesse et le nombre d’accidents, il n’y a aucune statistique là-dessus », tempère Yves Carra, porte-parole de l’Automobile club association, tout en reconnaissant que la vitesse reste un facteur aggravant.

Illustration 110 km/h. Lille, le 15 juin 2011.
Illustration 110 km/h. Lille, le 15 juin 2011. - M.LIBERT/20 MINUTES

Réguler la circulation

Une régulation dynamique des vitesses, avec des écrans comme en Gironde sur l’A63, mais aussi sur l’A31 aux abords de Nancy, pourrait également être une piste de réflexion. Mais selon la direction des routes, ce dispositif est pertinent lorsqu’il y a des risques de bouchons, ce qui n’est pas le cas sur l’A35 entre Colmar et Mulhouse. « Ce sont des ralentissements, dus a des dépassements, un camion qui déboîte, des irrégularités qui accroissent les risques d’accident. Mais pour l’instant, on a rarement des véhicules à l’arrêt », illustre le préfet Laurent Touvet qui laisse toutefois ouvertes les réflexions « pour recueillir des avis techniques, puis on organisera une concertation ».

Une taxe pour les poids lourds

S’il n’y a pas eu ces dix derniers mois plus d’accidents sur l’A35, « on constate que les poids lourds sont impliqués plus souvent et que les accidents sont plus graves », regrette le préfet. Reconnaissant toutefois qu’une limitation de la vitesse ne fera pas diminuer leur nombre, peu de solutions restent rapidement envisageables. Pourtant, ils sont plus de 9.000 par jour à emprunter l’A35 et 1.500 proviendraient « d’un report » pour éviter l’autoroute allemande, où existe un péage depuis 2005. D’où la volonté de nombreux élus locaux, comme la présidente du département du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, d’imposer une taxe poids lourds sur l’A35, afin de rééquilibrer les flux. Si l’idée fait son chemin – la ministre des transports Elisabeth Borne a été sollicitée sur la question –, c’est au Parlement que cela peut se décider.

Plus de répression

« ll y a trop de conducteurs inconscients, des fous qui slaloment pour gagner quelques minutes, qui téléphonent au volant, collent les véhicules », peste Yves Carra de l’Automobile club association. Mais à la répression, il préfère une prise de conscience des automobilistes. « La répression ne marche plus, cela a atteint ses limites. » Il propose de privilégier les formations supplémentaires, notamment auprès des jeunes permis. « Il s’agit d’éviter de se mettre en position d’avoir un accident et non pas de savoir contrôler son véhicule. » En attendant, le préfet promet le renforcement des contrôles statiques au bord de l’autoroute, dynamiques dans la circulation, et même par hélicoptère.