Finistère: L’île Vierge et son phare veulent garder les touristes pour la nuit

TOURISME Un projet de gîte est en construction sur ce phare de Bretagne. Les travaux viennent de commencer...

Camille Allain

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Le phare de l'île Vierge, au large de Plouguerneau, dans le Finistère, va accueillir un gîte touristique à ses pieds.
Le phare de l'île Vierge, au large de Plouguerneau, dans le Finistère, va accueillir un gîte touristique à ses pieds. — Lionel Le Saux / SIPA
  • Le phare de l’île Vierge, au large du Finistère, va accueillir un gîte touristique dans l’ancienne maison des gardiens.
  • La communauté de communes du pays des Aber espère ainsi valoriser le site d’un hectare, où certains bâtiments souffraient.
  • L’investissement est évalué à quatre millions d’euros et l’ouverture prévue au printemps 2020.
  • Un peu plus à l’Est, la maison du phare de l’île Louët fait un véritable carton auprès des touristes. Les réservations du gîte sont complètes en quinze minutes.

Une barge a accosté sur la cale de l’île Vierge, au large de Plouguerneau. A son bord, 50 tonnes de matériaux et de matériel. Une livraison exceptionnelle pour ce petit bout de terre du nord Finistère. Ordonné par la communauté de communes, le chantier vise à aménager un gîte touristique sur l’île d’un hectare, dont la partie Ouest est protégée.

« Permettre aux gens de rester plus longtemps »

Dernier appareil de France automatisé en 2010, le phare trônant sur l’île ne voyait plus personne dormir à ses pieds depuis cette date. A l’abandon, la maison des gardiens et la longère servant de lieu de stockage commençaient à subir le poids des années. Pour les sauver, la communauté de communes du Pays des Aber a souhaité les transformer en accueil touristique nocturne. « On estime que 10 à 13.000 personnes visitent le phare chaque année. Mais elles ne restent qu’une demi-heure pour laisser leur place à d’autres. On voulait leur permettre de rester un peu plus longtemps, de voir comment vivaient les gardiens », précise Christian Calvez, président de la communauté de communes.

Le phare de l'île Louët, au large de Morlaix (Finistère), accueille un gîte touristique.
Le phare de l'île Louët, au large de Morlaix (Finistère), accueille un gîte touristique. - Michel Gile / SIPA

Les travaux ont commencé il y a quinze jours et devraient durer 18 mois pour une ouverture programmée au printemps 2020. Le plus haut phare en pierre du monde (82,5 mètres) et ses 397 marches resteront ouverts au public. A côté, la longère accueillera un petit musée, des sanitaires et un espace de restauration. Le gîte sera lui aménagé dans la maison des gardiens. « Ce sera assez rudimentaire », prévient Christian Calvez, qui avoue n’avoir « pas encore pensé au prix de la nuitée ».

« En dix à quinze minutes, tout est réservé »

L’élu n’a pas à s’inquiéter, car son bien trouvera preneur sans sourciller. A quelques dizaines de kilomètres à l’Est, le phare de l’île Louët fait également office de gîte. Et depuis dix ans, le succès est grandissant. « Nous ouvrons les réservations une fois par an (ce sera fin novembre). En dix à quinze minutes, tout est réservé », commente Lisa Zewuster, qui a en charge les logements insolites de l’office de tourisme du pays de Morlaix.

Proposée pour 330 euros la nuitée ou 550 euros le week-end, la maison peut accueillir dix personnes. « C’est un cadre unique, sur un îlot. Il y a un esprit Robinson Crusoë », résume Lisa Zewuster. Un autre projet de gîte est à l’étude sur le phare de l’île Noire, à quelques centaines de mètres de là. Nul doute qu’il connaîtra le même succès.