Bretagne: Eau et rivières porte plainte contre une enseigne qui a déstocké du Roundup

ENVIRONNEMENT Le magasin Bricomarché de Carhaix a incité les clients ce week-end à faire des stocks de pesticides avant leur interdiction...

Jérôme Gicquel

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Une bouteille de Roundup. AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN
Une bouteille de Roundup. AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN — AFP
  • Eau et rivières de Bretagne a porté plainte contre l’enseigne Bricomarché de Carhaix qui a déstocké des pesticides la semaine dernière.
  • L’association estime que le magasin a commis trois délits.
  • Face au tollé suscité, l’enseigne a présenté ses excuses et retiré de ses rayons les produits placés en tête de gondole.

Les excuses du Bricomarché de Carhaix (Finistère) n’auront pas suffi. L’association Eau et rivières de Bretagne va attaquer en justice le magasin qui avait mis le Roundup en tête de gondole dans ses rayons la semaine dernière. « Déstockage avant interdiction à la vente le 31 décembre 2018. Faites votre stock !!!!! », pouvait-on lire sur l’affiche placée dans le rayon bricolage du magasin.

L’enseigne mettait notamment en avant le Roundup, l’herbicide au glyphosate de Monsanto, dont la vente sera interdite aux particuliers en France à partir du 31 décembre. Postée sur les réseaux sociaux par un internaute, l’affiche avait déclenché un torrent de critiques à l’encontre du magasin, qui a depuis présenté ses excuses et retiré les produits de ses rayons.

Trois infractions selon l’association

Trop tard pour l’association, qui a porté plainte auprès du procureur de la République du tribunal de grande instance de Brest. Eau et rivières de Bretagne indique que le magasin a commis trois infractions.

« La publicité pour les pesticides à destination du grand public est interdite. Les pesticides ne peuvent pas être mis à disposition des particuliers en libre-service (…) et auraient dû se trouver derrière un comptoir ou une vitrine fermée. Les pesticides seront interdits de détention pour les particuliers à compter du 1er janvier 2019. En invitant ses clients à faire des stocks, le magasin incite et se rend complice d’un délit », énumère l’association.

Eau et rivières de Bretagne rappelle que dans le passé, d’autres enseignes comme Super U ou Shopix avaient déjà eu « ces fausses bonnes idées pour se débarrasser de leur stock de pesticides avant le durcissement de la réglementation ». « Les évolutions réglementaires à venir ne doivent pas être le prétexte à une utilisation accrue des pesticides " pendant qu’il est encore temps " ! », estime l’association.