Après #MeToo et #BalanceTonPorc, Brigitte Lahaie dénonce un féminisme «contre les hommes»

POLEMIQUE L’animatrice radio estime que le mouvement #MeToo réduit l’homme à une pulsion sexuelle et la femme à son statut de victime…

L.Br.

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Brigitte Lahaie, le 17 septembre 2018.
Brigitte Lahaie, le 17 septembre 2018. — SOLAL/SIPA

Dans une interview au Point, Brigitte Lahaie s’est confiée les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc. Celle qui a signé la tribune sur la liberté d’importuner dans Le Monde est en rupture avec ce féminisme qui est, selon elle, « contre les hommes ».

« Le féminisme actuel n’est pas pour la femme mais contre l’homme », estime Brigitte Lahaie dans une interview publiée ce lundi. « C’est très compliqué aujourd’hui pour les hommes de prendre la parole. Dès qu’ils le font, ils passent pour des salauds ou des machos », défend-elle. « Des hommes me disent qu’ils n’osent plus offrir un café à des collègues femmes. Il y a une forme d’autocensure. Les hommes ne savent plus trop comment séduire les femmes. Et draguer, n’en parlons même pas ! (…) Il y a un vrai problème de rapports hommes-femmes. »

Responsabiliser les femmes

L’animatrice radio estime que le mouvement #MeToo réduit l’homme à une pulsion sexuelle et la femme à son statut de victime. « Ce qui me gêne beaucoup dans ce mouvement #MeToo, c’est qu’on ne responsabilise pas les femmes, qui sont réduites à des victimes d’hommes qui ne savent pas se maîtriser. Il faut apprendre aux femmes à se défendre. »

Brigitte Lahaie se dit « féministe » mais a accepté son statut de « scandaleuse ». En plein mouvement #MeToo en janvier dernier, Brigitte Lahaie avait choqué en affirmant dans Le Monde que l'« on peut jouir lors d’un viol ». Une phrase qu’elle ne regrette pas, même si elle s’est excusée après coup.

Education « affective » dès la maternelle

« C’est une vérité qu’on n’a pas envie d’entendre. Dit par moi, c’est d’autant plus mal interprété. Si un médecin l’avait dite, cela n’aurait pas fait polémique. (…) Des gens m’ont remerciée d’avoir dit ce qu’ils n’avaient jamais pu dire à leur thérapeute », explique l’animatrice radio.

« C’est très bien que la parole se libère avec #MeToo, que la société dans son ensemble prenne conscience qu’il y a une réelle violence faite aux femmes. Mais il ne faut pas que cela donne l’impression aux femmes qu’au moindre truc qui ne leur convient pas, elles peuvent aller porter plainte », prévient-elle.

Pour elle, la solution réside dans l’éducation, dès le plus jeune âge. « Il faut une éducation affective dès la maternelle. (…) On peut faire comprendre à une petite fille que, si elle fait un petit sourire, elle va attirer le petit garçon et qu’il faut qu’elle sache dire « non » si elle ne veut pas. De même, on peut dire à un petit garçon que, s’il a envie de toucher une petite fille, il faut qu’il lui demande si elle en a envie. On pourra alors avancer. »