Mont-Saint-Michel: Le maire ne veut plus payer l'eau pour nettoyer les pieds des pèlerins

CONSOMMATION L'élu en a assez de payer pour nettoyer les pieds des visiteurs qui font la traversée de la baie…

20 Minutes avec agence

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Le Mont-Saint-Michel attire près de 2,5 millions de voyageurs annuels.
Le Mont-Saint-Michel attire près de 2,5 millions de voyageurs annuels. — C.Triballeau/AFP

Alors que 150.000 pèlerins traversent chaque année la baie du Mont-Saint-Michel pieds nus et viennent se rincer à l’entrée du sanctuaire, le maire de la commune Yann Galton fait part de son mécontentement, rapporte France Bleu Cotentin.

« Des robinets avec l’eau de la ville bien sûr », déplore l’élu. « C’est de l’eau qui a été traitée pour la consommation, pour boire ou la cuisine ! Je trouve lamentable qu’elle serve à laver des pieds. »

Une grosse facture

Le nombre de visiteurs est en constante augmentation, ce qui a fortement alourdi la facture ces dernières années. « On a parfois 700 pèlerins d’un coup », explique Yann Galton.

« Quand ils sont aussi nombreux, j’appelle les pompiers du Mont qui leur lavent les pieds avec une lance à eau. » La surconsommation représente en effet plusieurs milliers d’euros. Le maire a donc décidé de réduire la facture en abaissant la pression.

Pas assez de ressources

Le maire avait auparavant proposé d’installer des compteurs pour que les guides paient chaque mètre cube consommé, sans succès. Il précise que contrairement à l’abbaye, aux hôtels et aux restaurants, la commune du Mont-Saint-Michel n’a pas assez de ressources financières pour payer ces frais.

Entre les travaux d’entretien des rues et les salaires des quatre policiers municipaux, Yann Galton estime que la consommation d’eau grève le budget. « Rapporté au nombre d’habitants, c’est plus qu’à Marseille », dénonce l’élu.

Un rinçage à la rivière ?

Une solution serait toutefois à l’étude. « J’avais écrit à Nicolas Hulot et suite à ce courrier, quelqu’un de la préfecture est venu voir la situation », explique Yann Galton. « On est en train d’étudier les solutions qui pourraient être envisagées. »

« Quand j’étais gamin, je me mettais les pieds dans le Couesnon (NDLR : un fleuve qui se jette non loin du Mont-Saint-Michel) pour les laver », se rappelle l’édile. Les pèlerins devront peut-être bientôt se rincer dans la rivière plutôt qu’avec l’eau de la ville.