Représentant des parents d'élèves: «Notre rôle est vraiment important», confie une ex-parent d'élèves

VOUS TEMOIGNEZ A l'occasion des élections des délégués de parents d’élèves organisées ces vendredi et samedi, nos lecteurs racontent ce que cette expérience elle leur a apporté…

Delphine Bancaud

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Des mères d'élèves dans une salle de classe.
Des mères d'élèves dans une salle de classe. — pixabay/Miloslav
  • Les élections des délégués de parents d’élèves ont lieu ces vendredi et samedi.
  • Nos lecteurs qui ont connu cette expérience témoignent de son intérêt.
  • Ils ont appris plein de choses sur le système éducatif, ils se sont sentis utiles dans la résolution des conflits parents-profs...

S’impliquer dans l’école, le collège, le lycée de son enfant, un peu plus qu’en allant aux seules réunions parents-profs. C’est ce que s’apprêtent à faire certains d’entre vous à l’occasion des élections des représentants de parents d’élèves organisées ces vendredi et samedi dans les établissements scolaires. Un engagement qu’a déjà pris Caroline, qui a été parent délégué dans une maternelle de Chambéry et qui a répondu à notre appel à témoins. Et le bilan est positif : « L’avantage d’être parent d’élève c’est de connaître les projets pédagogiques de l’école et de pouvoir s’y impliquer davantage. C’est aussi côtoyer les professeurs autrement et donc de pouvoir échanger avec eux plus facilement ».

Même enthousiasme chez Géraldine, parent d’élèves dans trois établissements du Val-de-Marne : « Le plus satisfaisant c’est de participer aux commissions éducatives (antichambres des conseils de discipline au collège), d’écouter les difficultés d’un enfant et d’une famille, de participer à l’élaboration de plans d’actions pour résoudre cette difficulté et constater à la rentrée d’après que cela porte ses fruits », indique-t-elle.

« On se retrouve parfois au milieu de conflits personnels parent/professeur »

Eléonore, qui a été représentante des parents d’élèves pendant dix ans de l’école maternelle au lycée à Mulhouse, a trouvé aussi cette expérience enrichissante : « J’ai vraiment aimé cette activité : j’ai eu ainsi une connaissance précise du fonctionnement d’un établissement scolaire, du financement du matériel aux problèmes de discipline en passant par la fixation des prix de la cantine. Notre rôle est vraiment important : nous posons des problématiques ou des suggestions, souvent en conseils d’administration, sur la base de nos propres observations ou après avoir été contactés par des parents d’élèves. Bien souvent, la direction de l’établissement tient compte de nos remarques », souligne-t-elle.

Là où nos parents délégués se sentent le plus utiles, c’est lorsqu’ils jouent les médiateurs entre l’équipe pédagogique et un élève ou ses parents. A l’instar de Caroline : « Etre parent d’élève c’est aussi recevoir les doléances des autres parents et les relayer, en y mettant les formes et en rendant les choses anonymes, auprès des professeurs afin de régler les conflits. On se retrouve parfois au milieu de conflits personnels parent/professeur que l’on essaye de temporiser ». Sulovan a dû gérer aussi des situations délicates : « Dans le collège de ma fille nous avons eu de gros problèmes avec un prof de physique qui faisait n’importe quoi. La direction a accédé à nos demandes et a fait en sorte qu’il soit tutoré. L’important est d’avoir de bons rapports avec l’équipe pédagogique et de travailler ensemble », souligne-t-il.

« J’avoue avoir déjà pleuré en sortant de conseils de discipline »

Hugues se souvient aussi désagréablement « des échanges tendus entre parents et enseignants lors des médiations et des discussions interminables lors du passage à la semaine de 5 jours ». De son côté, Eléonore a eu l’impression que sa voix comptait lors de conseils de discipline : « Ne pas faire partie de l’établissement nous fait porter un autre regard sur ces situations parfois dramatiques. J’avoue avoir déjà pleuré en sortant de conseils de discipline devant des situations insoutenables : enfant migrant arrivé seul en France totalement livré à lui-même, règlement de compte au sabre japonais à la sortie du collège, adolescent radicalisé… », témoigne-t-elle.

Géraldine s’est déjà aussi confrontée à des situations très délicates : « J’ai dû faire remonter une suspicion d’agressions sexuelles de la part d’un animateur du périscolaire auprès de la mairie. Et huit ans plus tard, l’animateur a été jugé pour 15 agressions sexuelles sur mineures ».

Un autre regard sur les enseignants

Et beaucoup d’entre eux ont l’impression d’avoir fait bouger les choses. A l’instar de Marianne, qui a été parent déléguée dans un collège près de Toulouse. Lors d’un conseil de classe, elle s’est interposée pour qu’une élève ne soit pas orientée par défaut vers un BEP qu’elle ne souhaitait pas. « Cette jeune fille a finalement redoublé ce qui était une petite victoire », raconte-t-elle. Autre souvenir satisfaisant : « lorsque j’ai obtenu qu’une jeune fille dyslexique passe en Terminale L alors qu’on lui proposait une réorientation dans une terminale techno. Or, elle avait été diagnostiquée tardivement et avait compensé. Elle voulait être psychologue et le corps enseignant jugeait qu’elle ne pourrait pas faire d’études supérieures. Au final, elle a fait un master 2 et est aujourd’hui psychologue », se félicite Marianne.

Le fait d’avoir été parent délégué a fait changer leur regard sur le monde éducatif. Souvent positivement, à l’instar d’Eléonore : « J’ai découvert des personnes avec une humanité extraordinaire et un amour pour leur métier bien loin des clichés sur le prof fainéant et le principal colérique. J’ai beaucoup parlé à mes enfants de ce que je découvrais lors des conseils d’administration pour qu’ils comprennent le travail immense de l’équipe pédagogique et en soient respectueux ».