Montpellier «Capitale de la Pédale»: L’humour des Verts fait voir rouge

MALAISE Les représentants d’EELV ont provoqué une vague de protestations avec leur formule «Montpellier Capitale de la Pédale»…

Jerome Diesnis

— 

Montpellier Capitale de la Pédale : le panneau fictif d'EELV considéré comme homophobe par une partie de la communauté homosexuelle (notamment)
Montpellier Capitale de la Pédale : le panneau fictif d'EELV considéré comme homophobe par une partie de la communauté homosexuelle (notamment) — EELV

En cherchant à faire le buzz pour sensibiliser « à l’absence de politique cyclable à Montpellier », les représentants locaux d’Europe Ecologie-Les Verts se sont attiré une vague de protestations. « Montpellier Capitale de la Pédale », peut-on lire sur un panneau factice à l’entrée de la ville. L’allusion (claire, avec la majuscule à pédale) au classement de Montpellier comme deuxième ville gay friendly de France, a du mal à passer.

Portées principalement par les membres de la majorité du maire Philippe Saurel (DVG), les condamnations sont nombreuses. « Montpellier est une terre de tolérance et de liberté, aucune place ici pour votre humour douteux », s’emporte Annie Yague, adjointe au social. « Le terme pédale n’est pas amical, mais homophobe. » Hussein Bourgi (premier fédéral départemental du PS), pourtant allié traditionnel des écologistes, est mal à l’aise devant la formule. « Capitale de la Pédale ? Vraiment ? Attention aux sorties de piste cyclable. »

Une méthode revendiquée

Mis en cause, les représentants locaux EELV revendiquent la méthode. « Nous sommes les principaux défenseurs des minorités. Si les écologistes font ce genre d’humour, les personnes concernées savent très bien ce que l’on fait. On a fait rire les gens sur une action que l’on assume pour mettre en valeur le vélo. Pas moins de 99 % des retours sont favorables », souligne Manu Reynaud, porte-parole d’EELV Montpellier.

Ce n’est pas l’avis de plusieurs associations de défense des homosexuels. Stop Homophobie ou encore Fierté Montpellier Tignes Pride, jugent le terme – dans le meilleur des cas – inapproprié.

Le précédent Cambacérès

Début juillet, EELV avait dénoncé « la facture cachée du quartier Cambacérès » en détruisant symboliquement un billet de 335 millions d’euros, montant, selon eux, du futur quartier destiné à l’économie et l’emploi. Un premier coup de com, déjà, et une méthode assumée par Manu Renaud, candidat à la candidature d’EELV pour les municipales. « On va fournir les images pour que les choses soient très claires. Ce sera notre logique de communication pendant 18 mois. On va faire des coups pour une campagne joyeuse, conviviale et qui aura de la gueule. »