Lyon: La mère de Marin lance un outil pour les victimes de lésions cérébrales et leurs proches

SOLIDARITE La maman de Marin, violemment agressé fin 2016 à Lyon, s'active désormais pour venir en aide aux victimes de lésions cérébarles et à leurs familles à travers l'association La Tête haute...

Elisa Frisullo

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Lyon, le 10 octobre 2018. Audrey Sauvajon, la maman de Marin, sauvagement agressé en 2016, s'active aujourd'hui pour venir en aide aux victimes de lésions cérébrales et à leur famille. Lancer le diaporama
Lyon, le 10 octobre 2018. Audrey Sauvajon, la maman de Marin, sauvagement agressé en 2016, s'active aujourd'hui pour venir en aide aux victimes de lésions cérébrales et à leur famille. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Près de deux ans après la violente agression de Marin, sa maman lance un kit pour aider les familles de patients victimes, comme son fils, de lésions cérébrales.
  • Ces informations et ces outils dont elle s’est servie pour aider Marin lors de son coma et de sa longue rééducation sont offerts aux personnes concernées.

« Si on peut se servir de cet événement dramatique pour aider d’autres gens et leur éviter les caps par lesquels nous sommes passés, nous aurons tout gagné ». Ce mercredi, Audrey Sauvajon, la maman de Marin, ce jeune homme sauvagement agressé à Lyon fin 2016, a dévoilé un outil destiné aux victimes de lésions cérébrales et à leurs proches.

A travers l’association La Tête Haute, créée quelques mois après l’agression de son fils, cette mère de famille a conçu, en lien avec une neuroscientifique suisse, un guide et un coffret qui seront offerts aux familles concernées sur simple demande. Une initiative née après la longue bataille contre la mort livrée par Marin, resté dans le coma pendant des semaines, et le combat mené par ses proches pour l’accompagner.

Des outils pour aider le cerveau à se reconstruire

Lorsque, en novembre 2016, Audrey Sauvajon s’est retrouvée au chevet de son fils, déterminée à lui venir en aide par tous les moyens, elle a beaucoup cherché et s’est documentée pour savoir comment s’y prendre. « J’ai constaté à ce moment-là un manque réel. Pendant le coma d’un de leurs proches, les familles sont perdues, désœuvrées. Il y a un sentiment d’impuissance et beaucoup de questionnements. Dans cette phase pourtant, la famille a un rôle à jouer », confie cette quadragénaire.

L’objectif de ce kit est de mettre à disposition des familles des informations, des préconisations, des pratiques et différents outils permettant d’établir une communication avec le patient. « Il y a plein de petites choses qui peuvent être faites pour lui, pour aider son cerveau à se reconstruire », explique la mère de Marin, confiant avoir « tout essayé » pour aider son garçon, au fil de ses proches recherches.

Odeurs et lectures

Pendant des heures, elle a massé Marin, dans le coma. Elle lui a fait écouter de la musique, lui a fait sentir des odeurs. « L’odeur est essentielle pour relancer cette machine abîmée », souligne-t-elle. Son mari, Nicolas, se souvient de ce jour où, au lendemain d’un match France-Espagne, il a fait la lecture d’un article de L’Equipe à Marin, fervent supporter de l’ASSE.

« En France, les médecins et le personnel soignant font un travail exceptionnel dans des conditions extrêmement difficiles. Mais ce qui nous a manqué pour Marin, c’est tout ce qui tourne autour de l’aide que peuvent apporter les proches au patient, l’utilisation de nouvelles technologies… », témoigne cette mère qui s’est finalement tournée vers un centre Suisse pour la longue rééducation de Marin.

Un kit financé grâce aux dons

Dans le coffret, disponible via le site internet de l’association, les familles trouveront, en plus du guide, une huile de massage, des capsules d’odeurs à faire sentir au patient ou encore de la pâte à modeler pour lui remémorer le sens du toucher. Dans un premier temps, une centaine de personnes pourront en bénéficier. « Nous ne voulions pas que des barrières financières freinent les familles en détresse. Seuls les frais d’acheminement du coffret seront à leur charge », précise l’association qui a entièrement financé ces kits (50 euros l’unité) grâce aux dons récoltés auprès des soutiens de Marin.

La maman du jeune homme doit être reçue prochainement à l’hôpital neurologique de Lyon pour présenter cet outil aux équipes. « Cela aurait du sens si cette unité, ce service dans lequel Marin a été soignée pouvait en bénéficier », souligne Audrey Sauvajon. Pour poursuivre ce nouveau combat et concevoir d’autres coffrets, La Tête haute a prévu différents événements tout au long de l’année afin de récolter des fonds.

Le prochain en date se déroulera le 26 octobre à Caluire. Lors de ce dîner de gala, Marin sera présent aux côtés du nouveau parrain de l’association Benjamin Biolay.

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