Réforme des retraites: Tous les représentants des salariés réunis au ministère de la Santé pour livrer les premiers arbitrages

DECISIONS Les travaux reprennent après trois mois d'interruption, la loi devrait être votée au premier semestre de l'année 2019...

20 Minutes avec AFP
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Pascal Pavageau,secrétaire général de Force Ouvrière le 17 juin 2018 à l'Elysée.
Pascal Pavageau,secrétaire général de Force Ouvrière le 17 juin 2018 à l'Elysée. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Après trois mois d’interruption, la concertation sur la réforme des retraites reprend ce mercredi. Les syndicats sont convoqués au ministère de la Santé et attendent de pied ferme que le gouvernement dévoile enfin ses intentions.

Assez tergiversé, il faut « que le gouvernement sorte du bois », ne cesse de répéter Pascal Pavageau. Au-delà de la posture exaspérée, le secrétaire général de Force ouvrière résume le sentiment des syndicats, qui sont consultés depuis un an sur une réforme monumentale dont ils ne connaissent toujours pas les fondements.

Un système plus « juste et transparent »

Depuis la campagne présidentielle, l’exécutif a en effet soigneusement évité de préciser la promesse d’Emmanuel Macron : remplacer d’ici quinze ans la quarantaine de régimes de retraites actuels par un système « universel », qui serait plus « juste » et « transparent », car chaque euro cotisé donnerait « les mêmes droits » pour tous.

L’expérimenté Jean-Paul Delevoye, nommé Haut commissaire à la réforme des retraites en septembre 2017, a multiplié ces derniers mois les échanges bilatéraux avec les partenaires sociaux.


Six mois de concertation

Les dix organisations représentatives des salariés (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC), du patronat (Medef, CPME, U2P), des fonctionnaires (Unsa) et des agriculteurs (FNSEA) ont été bombardées de questions : Quel niveau de cotisations ? Quels droits pour les chômeurs ? Les veuves ? Quelles majorations liées aux enfants ?

Sur tous ces sujets, « on en est toujours aux idées générales », regrettait en juillet Claude Tendil, du Medef, qui confiait son « impression d’avoir fait du vélo d’appartement : on pédale mais on reste sur place ».

Face à des syndicats pour une fois à l’unisson, Edouard Philippe a réuni la semaine dernière à Matignon une dizaine de ministres pour accorder les violons. Car après le grand raout prévu ce mercredi, il y aura encore « six mois de concertation », selon Jean-Paul Delevoye. Une date qui ne remet pas en cause pour l’instant l’objectif, fixé par le chef de l’Etat, d’une loi « votée dans le premier semestre » 2019.