Enquête sur les pratiques de la lutte anti-stups: Deux magistrates placées en garde à vue

ENQUETE Les juges lyonnais en charge de l’enquête veulent comprendre les conditions dans lesquelles un indicateur avait été extrait de prison pour être conduit dans un hôtel, dans le cadre d’une vraie-fausse garde à vue...

20 Minutes avec AFP
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François Thierry, ex-patron de l'office antidrogue
François Thierry, ex-patron de l'office antidrogue — PATRICK KOVARIK / AFP

Deux magistrates ont été placées en garde à vue mardi à Paris par l’inspection générale de la police nationale (IGPN) dans le cadre d’une enquête instruite à Lyon sur les pratiques controversées de la lutte anti-stupéfiants sous le commissaire François Thierry, a-t-on appris de sources proches du dossier.

L’une d’entre elles, Karine Roussy-Sabourin, ancienne procureure à la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris, est sortie de garde à vue en fin de journée. La seconde, Véronique Degermann, actuellement procureure adjointe au parquet de Paris, était toujours entendue mardi soir, selon ces sources.

Selon Le Parisien qui a révélé l’information, les juges lyonnais en charge de l’enquête veulent comprendre les conditions dans lesquelles un indicateur, Sophiane Hambli, avait été temporairement extrait de prison, en avril 2012, pour être conduit dans un hôtel, dans le cadre d’une vraie-fausse garde à vue.

Une livraison de drogue surveillée opérée par l’Ocrtis

L’information judiciaire lyonnaise est l’une des trois enquêtes qui s’intéressent aux méthodes de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) et à la gestion des indics sous la direction de son ancien patron, le commissaire François Thierry.

Toujours dans le cadre de cette enquête lyonnaise, François Thierry a été placé en garde à vue lundi, à Paris, avec un autre homme, pour infraction à la législation sur les stupéfiants, association de malfaiteurs et faux en écriture, selon une source proche de l’enquête. Le volet principal des affaires impliquant l’ex-numéro 1 de l’Ocrtis, qui concerne une saisie record de cannabis, en 2015, à Paris, a été dépaysé de Paris à Bordeaux.