Nantes: La ville a dépensé quatre millions d'euros pour la prise en charge des migrants

MIGRANTS La maire de Nantes, Johanna Rolland, a annoncé qu’elle enverrait la facture à l’Etat…

Julie Urbach

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Des gymnases de la ville de Nantes accueillent 700 migrants
Des gymnases de la ville de Nantes accueillent 700 migrants — S. Salom Gomis / SIPA
  • Depuis le début de l'année, la ville a consacré une enveloppe d'environ quatre millions d'euros à la question des migrants.
  • L'opération du square Daviais et ses suites a représenté près de trois millions.

Près de trois millions d’euros pour l'opération du square Daviais, la réquisition des gymnases et le relogement à suivre, additionnés à une enveloppe de 1,2 million d’euros consacré à la prise en charge des migrants (repas, kits d’hygiène…) depuis le début de l’année. Voilà l’engagement financier de la mairie de Nantes pour la question des migrants. Vendredi, les élus réunis en conseil municipal vont voter une délibération en ce sens. La mairie espère que l’Etat, à qui incombe normalement la prise en charge des demandeurs d’asile, réglera la facture.

Selon la maire (PS) de Nantes, cette dernière s’élève donc à quatre millions d’euros. « Cet engagement financier témoigne du volontarisme qui est le nôtre et la transparence dont nous faisons preuve, assure Johanna Rolland. Nous allons cependant rappeler à l’Etat à ses obligations en lui envoyant la facture. (…) Nous n’avons aucune garantie mais nous mènerons cette bataille, même si elle dure un certain temps. »

Plusieurs communes volontaires

Alors que la situation des migrants du square Daviais était devenue critique cet été, la mairie avait organisé elle-même fin septembre le transfert de ces 700 occupants vers des gymnases de la ville. Mais la mise en place du plan communal de sauvegarde (qui permet la mobilisation d’agents et de lieux) a un coût - plus d’un million d’euros - auquel s’ajoutent d’importants frais de gardiennage (490.000 euros, selon la mairie).

Il y a quelques jours, de premiers migrants ont commencé à quitter les gymnases pour d’autres lieux de la ville, voire d’autres communes comme Saint-Brévin. Depuis, la ville de Saint-Herblain ou encore celle de Batz-sur-Mer ont fait savoir qu’elles étaient prêtes à accueillir plusieurs dizaines de personnes chacune. « On est encore dans la recherche de lieux, d’une capacité d’entre 60 et 100 places, pour que les associations n’aient pas à se démultiplier, indique Johanna Rolland. L’objectif est que les gymnases soient libérés à la rentrée des vacances de la Toussaint. » L’opération, « qui se déroule bien », a donc pris un mois de retard.