Oise: Un syndicat de police se plaint d'avoir à surveiller les chasses à courre

POLICE Le syndicat policier Alliance estime que la surveillance des véneries, dans la forêt de Compiègne, ne fait pas partie de la mission des policiers…

G.D. avec AFP

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Illustration d'une chasse à courre.
Illustration d'une chasse à courre. — Johannes / SIPA

EDIT La Société de vénerie, qui représente la chasse à courre, précise que « sil n’y avait pas des gens qui s’opposent brutalement à une activité tout à fait légale, il n’y aurait pas besoin de mobiliser les forces de l’ordre ». La société assure que « des militants extrémistes empêchent le droit de chasse dans les forêts picardes » et rappelle que « l’ONF a assigné en justice trois militants d’Abolissons la vénerie aujourd’hui (AVA) ».

Des policiers mécontents. Le syndicat policier Alliance dénonçait en début de semaine la mobilisation d’agents de police en forêt de Compiègne pour éviter des débordements entre adeptes de la chasse à courre et leurs opposants.

« Les policiers sont détournés de leur cœur de métier pour renforcer les équipages des « véneries » de quelques aristocrates ! », écrivait dans un tract le syndicat qui affirme manquer d’effectifs pour pouvoir assurer toutes les missions.

Risque d’incendie

Selon la préfecture, des policiers ont patrouillé samedi « dans le cadre d’une mission classique d’intérêt général » dans la « petite » zone police de la forêt de 140 km2 de Compiègne - le reste étant de la compétence des gendarmes - à cause du risque d’incidents.

La chasse à courre est ouverte du 15 septembre au 31 mars. Les policiers nationaux avaient déjà été mobilisés la saison dernière à cause des tensions entre militants d’Abolissons la vénerie aujourd’hui (AVA) et chasseurs.

« On va pousser le bouchon jusqu’où ? »

« Il manque déjà 20 effectifs dans le département. On nous envoie faire des tâches indues, on est submergé de travail », a précisé à l’AFP, Julien Soir, délégué départemental d’Alliance. « Je ne dis pas que ce n’est pas l’une de nos missions, d’aller sécuriser ce genre de manifestation. Mais on va pousser le bouchon jusqu’où ? »

« Pendant ce temps-là, deux ou trois heures, les policiers ne patrouillent pas sur leur secteur respectif », a-t-il ajouté, affirmant que des policiers des commissariats de Creil, Beauvais et Compiègne ont été sollicités.

Du côté de la préfecture, on assure qu'« on ne préempte pas d’effectifs sur des circonscriptions pour les focaliser sur la gestion de la chasse à courre au détriment de la sécurité des personnes et des biens de ces circonscriptions ».