Décès d’une femme aux urgences: Un pré-rapport d’expertise pointe «un manquement» du CHU de Reims

SANTE Une septuagénaire était morte aux urgences du CHU de Reims en mars après plus de deux heures d’attente…

Claire Planchard
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Le CHU de Reims
Le CHU de Reims — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

« Manquement » et « problème d’organisation ». Selon le pré-rapport d’expertise demandé par le tribunal administratif de Chalons-en-Champagne et consulté ce samedi par l’AFP, la septuagénaire, décdée en mars dernier aux urgences du CHU de Reims, « n’a été prise en charge que deux heures après son arrivée aux urgences pour un arrêt cardio-respiratoire non récupéré. Elle n’a bénéficié d’aucun accueil infirmier, d’aucune prise de constantes et donc d’aucune évaluation de son état ».

Mme M., âgée de 73 ans et atteinte de la maladie d’Alzheimer, vivait depuis 2012 à l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ephad) Wilson de Reims. Le 6 mars, elle arrive en ambulance non médicalisée aux urgences du CHU à 16h06 pour des marbrures des membres inférieurs et une tachycardie. A 18h25, après être restée seule sur un brancard, elle est victime d’un arrêt cardiaque mortel.

« Un rapport accablant pour l’hôpital » pour l’avocat de la famille

« Il existe un manquement dans la prise en charge (…). Ce défaut d’évaluation initial de l’état de santé de Mme M. a été préjudiciable et relève d’un problème d’organisation au sein du service des urgences », poursuit le pré-rapport, révélé par France Info et L’Union. « L’évolution de l’état de santé de Mme M., des premiers symptômes jusqu’à l'arrêt cardiaque, a été extrêmement rapide témoignant de la gravité de la pathologie sous-jacente ».

Ce jour-là, 46 patients se sont enregistrés aux urgences entre midi et 16h20. Seuls six patients ont vu un infirmier d’accueil en moins de 30 minutes, délai recommandé par la Société française de médecine d’urgence (SFMU). Le délai moyen était de 1H01.

« C’est un rapport accablant pour l’hôpital. Elle était manifestement prioritaire, mais on ne l’a même pas regardée », a réagi l'avocat de son fils, Me Emmanuel Ludot, qui compte s’appuyer sur ce document pour chiffrer le préjudice d’affection de son client. « Ça laisse augurer un avenir sombre pour l’hôpital public, il n’y a plus de moyens, il n’y a plus d’argent », a-t-il ajouté. « Le cocktail est là pour que ça se reproduise. »

Le CHU n’a pas pu donner suite aux sollicitations de l’AFP dans l’immédiat.