Réfugiés: Le budget de l’Etat pour l’intégration augmente de 200 millions d’euros

IMMIGRATION Selon le ministère de l’Intérieur, «il y a un redimensionnement de la politique d’intégration»… 

20 Minutes avec AFP

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Des demandeurs d'asile attendent devant les locaux de France Terre d'Asile à Paris pour accéder à la plateforme d'accueil des réfugiés.
Des demandeurs d'asile attendent devant les locaux de France Terre d'Asile à Paris pour accéder à la plateforme d'accueil des réfugiés. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Une augmentation conséquente pour l’accueil des réfugiés. Selon les documents du gouvernement publiés cette semaine, le budget, consacré à la mission «  immigration, asile et intégration », atteindra 1,58 milliard d’euros en 2019, soit 200 millions d’euros de plus qu’en 2018.

Une hausse de 14 %, alors que le budget général, lui, reste quasiment le même (+0,6 % en 2019). Selon le ministère de l’Intérieur, « il y a un redimensionnement de la politique d’intégration ». Une hausse qui devrait financer le doublement des cours de langue et les mesures d’insertion professionnelle. Le budget prévoit ainsi une hausse de plus de 40 % l’an prochain des crédits de l’intégration, à 395 millions d’euros, dont 52 millions exclusivement pour la formation linguistique.

Le gouvernement table sur « une stabilité de la demande d’asile »

A l’horizon 2020, l’Etat prévoit d’héberger 86 % des demandeurs d’asile, contre 50 % actuellement, selon ces documents. Pour cela, l’objectif « ambitieux » du gouvernement est d’augmenter le parc d’hébergement, qui devrait atteindre « plus de 97.000 places en 2019 », grâce, notamment, à la création de 1.000 places en centres d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada) et de 3.500 en hébergement d’urgence.

Pour équilibrer ces prévisions, le gouvernement table, en 2019 mais aussi en 2020, sur « une stabilité de la demande d’asile » et « une baisse de 10 % des demandeurs Dublin », les réfugiés déjà enregistrés dans un autre pays européen.

Près de 100.000 personnes ont demandé l’asile en France en 2017

Le gouvernement entend également réduire les délais de demande d’asile à « soixante jours » à l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Au total, 25 postes supplémentaires à l’Ofii (Office français d’immigration et d’intégration), 10 à l’Ofpra et 122 à la CNDA devraient être créés.

Concernant la lutte contre l’immigration irrégulière, les centres de rétention administrative bénéficieront d’un plan d’investissement de 50 millions d’euros avec « plus de 450 places » supplémentaires prévues en 2018 et 2019. L’ancien ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, avait annoncé 400 places supplémentaires mais « on a étendu le plan en cours d’année », indique-t-on à l’Intérieur. Environ 100.000 personnes ont demandé l’asile en France l’an dernier.