«Après… Quand l’au-delà nous fait signe»: «De nombreuses personnes sont convaincues que leur proche décédé a établi un contact avec eux»

INTERVIEW Le journaliste Stéphane Allix auteur de « Après… Quand l’au-delà nous fait signe »* qui parait ce mercredi, a enquêté sur ceux qui sont persuadés d’avoir vu leur proche décédé apparaître, leur parler, leur faire un signe...

Propos recueillis par Delphine Bancaud
— 
Une silhouette dans l'ombre.
Une silhouette dans l'ombre. — Pixabay
  • Lors de son enquête, le journaliste Stéphane Allix a rencontré des personnes lui racontant avoir entendu une voix, avoir senti une présence de manière très intense, avoir eu l’impression que leur proche décédé les touchait, l’avoir vu devant eux…
  • Aucune preuve scientifique ne permet de valider la réalité de ce que ces personnes disent avoir vécu.
  • Mais les témoins de ce type d’expérience semblent en avoir tirer une forme de sérénité.
Stéphane Allix.

 Il y a Stéphanie qui voit apparaître son conjoint décédé alors qu’elle   ne pensait pas à lui 5 minutes avant, Mireille qui entend à plusieurs   reprises un message apaisant de son fils décédé, Clément qui est   soudainement envahi par la présence de son frère disparu… Dans Après… Quand l’au-delà nous fait signe* qui paraît ce mercredi, le journaliste Stéphane Allix relate les témoignages de personnes persuadées d’avoir vu leur proche décédé apparaître, leur parler, leur faire un signe. S’il est impossible de trancher sur la réalité de ce qu’ils disent avoir vécu, le récit de leurs étranges expériences invite le lecteur à s’interroger sur la manière dont chacun vit le deuil, voire à ce qui nous attend après la mort. Pour 20 Minutes, Stéphane Allix explique que ces expériences extraordinaires sont loin d’être un épiphénomène.

Votre livre relate des témoignages de personnes endeuillées qui disent avoir connu des expériences de communications spontanées avec les morts. De quel ordre sont-elles ?

Ils racontent avoir entendu une voix, avoir senti une présence de manière très intense, avoir eu l’impression que leur proche décédé les touchait, l’avoir vu devant eux… Ces manifestations fugaces ont généralement lieu quelques semaines ou quelques mois après le décès de cette personne chère. Ces expériences étranges n’ont lieu dans certains cas qu’une fois ou se sont renouvelées plusieurs fois avant de cesser complètement. Et à chaque fois, les personnes qui les ont vécues assurent qu’elles ne dormaient pas et qu’elles ne pensaient pas au mort à ce moment-là.

Ces types de témoignages sont-ils fréquents ?

Cela fait 15 ans que je m’intéresse aux expériences de vécu subjectif de contact avec un défunt. Et ce, dans le cadre d’une enquête journalistique, non pas dans celui d’une quête spirituelle. De très nombreuses personnes sont convaincues que leur proche décédé a établi un contact avec eux et m’en ont fait part. Et de nombreux psychologues, psychiatres et médecins m’ont affirmé que ce type de récits revenaient fréquemment lors de leurs consultations. Même Danielle Mitterrand m’a raconté qu’elle sentait distinctement la présence de François Mitterrand à certains moments, alors qu’elle ne pensait pas à lui la minute d’avant. « Je subis agréablement sa présence, je ne la commande pas », m’avait-elle dit. Si vous êtes invité à un dîner avec dix personnes, demandez-leur si elles ont connu ce type d’expérience : il y en aura au moins une qui répondra positivement. Reste qu’il est parfois difficile d’en parler, car les gens qui le font sont souvent pris pour des illuminés.

On peut raisonnablement penser qu’il s’agit d’hallucinations ou de constructions mentales dues à la vulnérabilité des personnes endeuillées…

Le psychiatre et psychothérapeute Christophe Fauré que j’ai interviewé explique bien que dans les cas de ses patients qui ont connu ce type de manifestations, il ne pouvait s’agir d’hallucinations, ni de bouffées délirantes qui s’accompagnent d’autres éléments diagnostics. Difficile aussi d’affirmer que ces visions ou ces sensations font partie d’un mécanisme de compensation d’une personne endeuillée pour combler un vide. Car si c’était le cas, toutes les personnes perdant un proche percevraient ces manifestations de l’au-delà, ce qui n’est pas le cas. Mais on n’est pas obligé de trancher sur la réalité de ces manifestations. D’ailleurs les personnes qui les ont vécus doutent aussi de la réalité de ce contact avec l’au-delà. Ce qui est plus intéressant c’est de percevoir ce que situations produisent sur les personnes qui les vivent.

Justement, pour ceux qui sont persuadés que ces signes de l’au-delà sont une réalité, quel sens leur attribuent-ils ?

Dans l’immense majorité des cas, les témoins pensent que leur proche disparu a voulu les apaiser en communiquant avec eux. Notamment quand il est mort brutalement, sans avoir pu leur dire au revoir.

Comment se sentent les vivants après ces formes de communications avec les morts ?

Ces signes de l’au-delà ne font évidemment pas disparaître la douleur de la perte d’un être cher, mais c’est une petite fenêtre d’espérance. Plusieurs personnes que j’ai interviewées racontent ainsi qu’après avoir reçu des signes de l’au-delà, elles ont eu l’impression que leur proche disparu était serein quelque part et qu’il les avait poussées à continuer leur vie.

Australie: Une femme ramenée à la vie après 42 minutes de mort clinique

 

*Après… Quand l’au-delà nous fait signe, de Stéphane Allix, Alibin Michel, 19,80 euros.