Hôpitaux de Paris: L'Arabie saoudite qui doit 3,7 millions d'euros à l'AP-HP? Pourquoi ce montant n'est plus valable

FAKE OFF Plusieurs sites soutiennent à tort que le souverain d'Arabie saoudite a laissé une ardoise dans les hôpitaux parisiens et qu'il ne la payera pas...

Mathilde Cousin
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La dette des patients saoudiens auprès de l'AP-HP a diminué de 61% en trois ans.
La dette des patients saoudiens auprès de l'AP-HP a diminué de 61% en trois ans. — JEROME MARS/JDD/SIPA
  • Plusieurs sites expliquent que « le roi d’Arabie Saoudite doit 3,7 millions d’euros aux hôpitaux de Paris et ne payera pas ».
  • Ils reprennent un montant de 2015.
  • Depuis, les hôpitaux parisiens ont engagé un effort de recouvrement des dettes laissées par les étrangers non-résidents en France.

Le roi d’Arabie Saoudite a-t-il vraiment laissé une facture faramineuse dans les hôpitaux publics parisiens ? C’est ce que laissent entendre plusieurs sites, qui expliquent que « le roi d’Arabie Saoudite doit 3,7 millions d’euros aux hôpitaux de Paris et ne payera pas ». L'affirmation est également reprise sur Facebook.

Les moutons rebelles et Esprits libres reprennent un tweet de 2015 de l’urgentiste Patrick Pelloux. « Avant de partir, le roi d’Arabie Saoudite pourrait payer ses factures de 3,7 millions d’euros aux hôpitaux de Paris. Un geste de politesse ! », écrivait alors le médecin.



FAKE OFF

Le roi d’Arabie Saoudite n’est pas le seul responsable de cette ardoise. En 2015, cette créance de 3,7 millions d’euros correspondait peu ou prou aux dettes laissées par l’ambassade d’Arabie Saoudite auprès de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP). Le montant total de la dette des ressortissants saoudiens était de 4,17 millions d’euros en mai de cette année-là.

Au 30 juin 2018, ce montant est bien moins important : la dette totale des Saoudiens s’élevait à 1,62 million d’euros, soit une diminution de 61 %. « La dette de 2015 a été quasiment apurée », explique une représentante de l’AP-HP à 20 Minutes.

Des particuliers qui partent sans payer

A l’inverse de 2015, cette ardoise est principalement causée par les sommes dues par les particuliers. Elle représente 1,1 du 1,6 million d’euros dus par les Saoudiens. « La dette des particuliers est la plus complexe à absorber, car c’est le fruit de l’urgence », ajoute l’organisation hospitalière. Ces impayés sont dus par des patients qui se présentent pour des soins non programmés, donc non facturables à l’avance.

Depuis 2015, l’AP-HP a changé de politique et exige un paiement à l’avance des soins qui peuvent être programmés pour tous les patients étrangers non-résidents en France. « 86 % des flux programmés sont désormais payés à l’avance et le taux global de recouvrement des créances est donc en nette amélioration. Pour ces soins programmés, des forfaits par pathologie ont été établis et des services ont été plus spécialement fléchés pour accueillir les patients en cause », notait en 2017 le député Michel Fanget, auteur d’un rapport sur la question des soins des ressortissants algériens. L’AP-HP assure également ne plus accorder de « dérogation » pour les patients saoudiens bénéficiant de soins programmés à l’avance.

La dette totale des patients étrangers, toutes nationalités confondues, auprès de l’AP-HP s’élevait au 30 juin à 114,8 millions d’euros, contre 106 millions d’euros au 31 décembre 2017. Pourquoi une telle différence ? « Il s’agit d’une dette à date, comprenant les derniers flux de facturation qui pourront faire l’objet de recouvrement, et avant admissions en non-valeur de fin d’exercice », explique l’AP-HP. Ce montant est donc amené à évoluer avant la fin de l’année.

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