Succession de François Molins au parquet de Paris : Fin des candidatures lundi à minuit

NOMINATION Après la clôture des candidatures, Nicole Belloubet proposera un candidat au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), lequel donnera son avis…

20 Minutes avec AFP

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François Molins, procureur de la République de Paris, s'exprime sur l'attaque de militaires à Levallois-Perret.
François Molins, procureur de la République de Paris, s'exprime sur l'attaque de militaires à Levallois-Perret. — THOMAS SAMSON / AFP

Ils n’ont plus que quelques heures pour se manifester. Les magistrats candidats à la succession de François Molins à la tête du parquet de Paris ont jusqu’à lundi 1er octobre, minuit, pour se déclarer. Depuis quelques jours, l’Elysée, accusée d’intervenir dans le processus de nomination pour ce poste, est au centre d’une polémique.

François Molins, connu du grand public depuis les attentats qui ont touché la France en janvier et novembre 2015, s’apprête à quitter ses fonctions de procureur de la République de Paris, qu’il occupe depuis 7 ans, pour la Cour de cassation.

Trois candidatures qui déplaisent à Emmanuel Macron

Le ministère de la Justice a lancé le 24 septembre dernier un nouvel appel à candidature, alors que trois candidats à la succession de François Molins avaient été reçus en juillet par la garde des Sceaux Nicole Belloubet. Marc Cimamonti, procureur de Lyon, était, de sources concordantes, le candidat favori de la ministre.

Selon Le Canard enchaîné et Le Monde, le président de la République Emmanuel Macron est lui-même intervenu pour s’opposer à ces trois candidatures retenues par la garde des Sceaux. Selon une source gouvernementale, deux des trois magistrats ont été reçus cet été par le Premier ministre Edouard Philippe. Cela représente « une grande première » selon l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire).

« Ce n’est pas nouveau que les procureurs soient nommés par décret du président »

Vendredi 29 septembre, en marge du congrès de ce syndicat à Pau, la ministre de la Justice a rejeté toute intervention du président, un mot « pas opportun » selon elle. Les procureurs, « parce qu’ils sont porteurs d’une politique publique définie par notre gouvernement (…), il va de soi qu’ils s’inscrivent dans une ligne de hiérarchie », a déclaré Nicole Belloubet.

« Ce n’est pas nouveau que les procureurs soient nommés par décret du président de la République ». De ce fait, « il n’est pas anormal qu’il y ait un dialogue qui s’instaure avec le président de la République et le garde des Sceaux sur l’ensemble de ces postes », a-t-elle estimé.

Rémy Heitz, en pôle position pour le poste

Après la clôture des candidatures, Nicole Belloubet proposera un candidat au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), lequel donnera son avis. Le gouvernement peut cependant passer outre un avis négatif du CSM pour les magistrats du parquet.

Un nom a beaucoup circulé ces derniers jours pour succéder à François Molins : Rémy Heitz, l’actuel directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG). Ce poste passe pour le plus important de la chancellerie, après la garde des Sceaux, avec un rôle d’interface entre le ministère de la Justice et les procureurs.

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