Strasbourg : A l’école permaculturelle, une école élémentaire alternative, ce sont les enfants qui choisissent

EDUCATION Une école élémentaire d’inspiration permaculturelle, la première en France, vient de faire sa rentrée des classes à Wolfisheim (Bas-Rhin)…

Gilles Varela

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Ecole alternative Muriel et Benoît Grunewald. Wolfisheim le 28 septembre 2018.
Ecole alternative Muriel et Benoît Grunewald. Wolfisheim le 28 septembre 2018. — G. Varela / 20 Minutes

« On ne peut pas obliger une plante à pousser, de tout le temps lui tirer dessus, il faut lui laisser le temps », assure Benoît Grunewald, qui avec sa femme Muriel a créé une école élémentaire d’inspiration  permaculturelle, une première en France. Installée au rez-de-chaussée de leur propre maison, à Wolfisheim dans le Bas-Rhin, le couple d’enseignants a ouvert une école alternative dont la « source d’inspiration quotidienne est la nature, son fonctionnement, son foisonnement, pour apprendre naturellement ».

Nourri d’une longue expérience dans l’enseignement, le couple a fait le pari de n’accueillir qu’un petit groupe d’élèves, huit au maximum, du CP au CM2. « Ce qui permet de dégager du temps et d’aller plus loin, d’entendre leurs aspirations, de les accompagner », explique Benoît Grunewald. Et c’est d’ailleurs cet effectif réduit qui a en partie séduit la maman d’un jeune élève : « Cette personnalisation ne peut pas se retrouver dans l’école publique. Tous les enfants n’ont pas le même rythme de vie et donc d’apprentissage. Là, ils peuvent enchaîner une activité dynamique après s’être concentrés, faire des activités en rapport avec la nature aussi », se félicite la maman qui apprécie tout autant le « regard croisé des deux enseignants, une complémentarité. »

« Pas qu’une seule manière d’apprendre »

L’idée « est d’être le moins intrusif possible », détaille Benoît Grunewald. L’enseignant, qui par analogie compare l’agriculture industrielle au système éducatif français, cherche avec cette école alternative à « stimuler la pensée divergente, la personnalité, car il n’y a pas une seule manière d’apprendre. »

Revenus d’une sortie nature sur les rives de la Bruche, quatre élèves revoient les règles de conjugaison. Calmement, sur une longue table commune, ils s’exercent lorsque soudain, l’un d’entre eux demande l’heure. Aussitôt, une horloge "pédagogique" est décrochée du mur : nouvelle leçon, comment lire l’heure. Explications, échanges, tout le monde participe. Le cours est appris en quelques minutes… « C’est une approche spontanée, progressive. On part de ce qui se produit, d’une situation, de l’interrogation d’un enfant pour apprendre de nouvelles choses, explique Benoît Grunewald. Ils sont à ce moment-là beaucoup plus réceptifs, beaucoup plus que si l’on amène artificiellement une situation. Chacun apprend de l’autre. »

Ecole alternative Muriel et Benoît Grunewald. Wolfisheim le 28 septembre 2018.
Ecole alternative Muriel et Benoît Grunewald. Wolfisheim le 28 septembre 2018. - G. Varela / 20 Minutes

Quant à la perspective de revenir un jour dans une école classique ? Pas d’inquiétudes à avoir, assure Benoît Grunewald. « Le cadre est là, nous connaissons le programme et nous visons la maîtrise du Socle commun de compétences et de culture (SCCC) permettant à tout moment la poursuite d’études dans une autre école ou au collège. »

Un « avenir scolaire » qui n’inquiète d’ailleurs nullement Caroline, maman de Keywana, une fillette de bientôt neuf ans : « Notre fille avait besoin d’autre chose », explique-t-elle.  une maman pourtant familière, pour ses autres enfants, de l’école publique et privée, des écoles alternatives aussi. « Il faut être à l’écoute, ce sont les enfants qui nous disent ce dont ils ont besoin, il suffit d’arriver à rebondir, se remettre en question, s’ouvrir. »