Saint-Martin: En «colère», Macron veut accélérer la reconstruction et relancer le tourisme

OUTREMER Le chef de l’État a tancé les chefs d’entreprise, bailleurs sociaux et Collectivité de Saint-Martin pour les rappeler à « leur responsabilité »...

C. Ape. avec AFP

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Emmanuel Macron a poursuivi son déplacement dans les Antilles à Saint-Martin, qui a été frappé par l'ouragan Irma en 2017
Emmanuel Macron a poursuivi son déplacement dans les Antilles à Saint-Martin, qui a été frappé par l'ouragan Irma en 2017 — THOMAS SAMSON / AFP / POOL

Emmanuel Macron, qui a dit samedi sa colère d’une trop lente reconstruction de Saint-Martin après le passage dévastateur de l'ouragan Irma, achève son déplacement de quatre jours aux Antilles avec une mobilisation pour relancer le tourisme dans l’île meurtrie, avant de se rendre à Saint-Barthélemy.

Le chef de l’État devrait ce dimanche tancer une nouvelle fois chefs d’entreprise, bailleurs sociaux et Collectivité de Saint-Martin, comme il l’a fait la veille dans une très longue déambulation à Quartier d’Orléans, quartier pauvre et populaire, pour les rappeler à « leur responsabilité ».

D’une intensité sans précédent sur l’Atlantique, avec des vents de plus de 350 km/h, Irma a fait 11 morts à Saint-Martin et endommagé 95 % du bâti les 5 et 6 septembre 2017. Un an plus tard, seulement 35 % des bâtiments détruits ou très dégradés ont été reconstruits.

« Trop de connivences, parfois même de corruption »

Au cours de cinq heures de discussion avec une population impatiente de voir une amélioration de ses conditions de vie, Emmanuel Macron a dénoncé « une île dans laquelle il y a eu trop de connivences, trop d’entente parfois même de la corruption. Il faut que ça cesse ».

Il s’est notamment dit « en colère avec un système qui s’est habitué à l’inefficacité, avec manifestement des entreprises qui ont décidé que ça allait à leur rythme qui n’était pas forcément le rythme des besoins des gens, avec des grands groupements, on l’a vu sur les logements sociaux dont je n’ai pas cru comprendre qu’ils manquaient d’argent, et qui n’ont pas été fichus de réparer les toits. »

Le chef de l’État doit auparavant déjeuner avec des restaurateurs et des hôteliers, autour de la question du tourisme, seul moteur économique de l’île fortement impacté par Irma. Saint-Martin mise sur une reprise partielle du tourisme pour la saison haute en décembre, avec environ 800 chambres (hôtels, chambres d’hôte, villas en location, etc.) opérationnelles, soit les deux tiers de ce qui existait avant le passage de l’ouragan.

Un « secteur malade » avant le passage d’Irma

Mais l’île, qui s’était concentrée sur un tourisme de masse, à l’inverse de l’île voisine de Saint-Barthélemy qui a misé sur le luxe, avait déjà quasiment perdu la moitié des chambres au cours des 10 dernières années, rappelle Philippe Gustin, délégué interministériel à la reconstruction. « Le secteur touristique était déjà malade avant Irma, avec des hôtels souvent vieillissants, ne répondant plus aux attentes des touristes ».

« Il y a aujourd’hui une volonté d’améliorer ce qui existait (…), d’être dans une logique de montée en gamme en termes de qualité, mais aussi de développement durable et de sécurité. C’est une réalité qui entraîne des délais plus longs parce qu’il ne s’agit pas de refaire rapidement n’importe quoi », a-t-il dit.

En fin de journée, Le chef de l’État s’envole pour Saint-Barthélémy, où les stigmates de l’ouragan sont peu visibles et la reconstruction quasiment terminée. Mais l’île connaît une grave crise du logement et la population se sent quelque peu oubliée par rapport à Saint-Martin.

Le chef de l’État doit rencontrer les élus et visiter le centre opérationnel de crise, censé faire face à tout nouvel ouragan.