Associations: Les dons en baisse, plusieurs structures tirent la sonnette d'alarme

FISCALITÉ La baisse est notamment attribuée aux réformes fiscales mises en place par le gouvernement…

20 Minutes avec agence

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Les Restos du cœur (illustration).
Les Restos du cœur (illustration). — Alexandre GELEBART/20MINUTES

Entre la mise en place du prélèvement à la source, la réforme de la CSG et la suppression de l’ISF, les dons aux associations sont en chute libre. Face à ce phénomène, des associations tirent la sonnette d’alarme et se mobilisent pour en appeler à la générosité de chacun.

L’Institut Pasteur lance ainsi un « appel exceptionnel » aux dons. Leurs ressources sont « en danger », minées par les « réformes fiscales considérables » de l’année 2018, explique Jean-François Chambon de la fondation, interviewé par Franceinfo. « Le problème, c’est que personne n’a compris à quel point ça allait fragiliser les associations. Les dons représentent un tiers de notre budget. »

Trois réformes qui pèsent

La suppression de l’ISF a le plus impacté les dons : une chute de « 70 % de nos dons, soit une baisse de notre budget d’environ 800.000 euros. Soit les donateurs ne sont plus assujettis à l’ISF, soit ils le sont à un niveau inférieur », explique un membre des Restos du cœur. Constat similaire pour d’autres associations comme La Croix-Rouge ou Action contre la faim : une « diminution de 55 % des dons » pour une centaine d’associations.

La réforme de la CSG a aussi poussé des dizaines de donateurs des Restos du cœur à cesser leurs dons. « Ils expliquent qu’ils soutiennent toujours la cause, mais ne peuvent plus se permettre de nous aider », explique le président Patrice Blanc. D’autres attendent la fin de l’année pour se prononcer.

Enfin, la mise en place du prélèvement à la source au 1er janvier 2019 est une source d’inquiétude pour les structures, même « rien ne change pour votre générosité », rappelle la Croix-Rouge dans un courrier envoyé aux donateurs. « Ils se demandent à quelle date il faudra faire le don, s’ils seront réellement remboursés », explique Jean-François Chambon de l’Institut Pasteur. « Ils ont du mal à s’habituer, et hésitent donc à donner. »

Appel à l’aide, appel aux dons

Face aux inquiétudes, les associations appellent les Français à poursuivre leurs dons. Le président de France Générosité, Pierre Siquier, demande aux donateurs de ne « pas mettre un terme à leur générosité ».

« Si nous ne sommes plus aidés par les donateurs, et que nous arrêtons d’accomplir notre tâche, personne ne le fera à notre place. On est en train d’essayer de garantir l’existence d’un secteur qui contribue pleinement à la lutte contre les injustices », conclut Jean-François Riffaud, d’Action contre la faim. « Nous appelons donc les citoyens à ne pas cesser leurs dons juste à cause des réformes fiscales. »