Antilles: Après la chlordécone en Martinique, Emmanuel Macron attendu sur les sargasses en Guadeloupe

OUTRE MER Pour le chef de l'Etat, l'utilisation de la chlordécone, un pesticide toxique, en Martinique est «le fruit d'un aveuglement collectif»...

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron à Saint-Pierre en Martinique, le 27 septembre 2018.
Emmanuel Macron à Saint-Pierre en Martinique, le 27 septembre 2018. — Thomas SAMSON / AFP / POOL

En Martinique jeudi, Emmanuel Macron s’est exprimé sur la pollution à la chlordécone, un pesticide cancérogène. Le chef de l’Etat doit se rendre ce vendredi en Guadeloupe, où un autre problème environnemental l’attend, celui des algues sargasses.

L’utilisation de la chlordécone est « le fruit d’un aveuglement collectif. L’Etat doit prendre sa part de responsabilité », a réagi jeudi Emmanuel Macron à propos de ce pesticide qui a servi à lutter contre le charançon du bananier en Martinique et Guadeloupe jusqu'en 1993, polluant durablement les sols.

Alerte aux algues toxiques

Pour Emmanuel Macron, « l’état des connaissances scientifiques (…) ne permet pas de certifier » la dangerosité de la molécule pour la santé humaine. « Il ne serait pas responsable de dire qu’il y a une réparation individuelle pour tous », a-t-il souligné. Il est en revanche « possible d’avancer davantage sur la question des maladies professionnelles pour les personnes particulièrement exposées à la molécule », selon lui.

Ce vendredi, Emmanuel Macron doit quitter la Martinique et laisser derrière lui la tempête Kirk, pour se rendre en Guadeloupe, où il va évoquer un autre sujet sensible pour la santé, celui des sargasses. Ces algues brunes aux émanations toxiques, qui envahissent régulièrement le littoral antillais, avec un impact sur le tourisme et le quotidien des riverains.

Un plan de 10 millions d’euros

Une plainte pour mise en danger d’autrui a été déposée jeudi à Paris par un collectif guadeloupéen pour dénoncer les « insuffisances criantes » de l’État « face à l’envahissement des côtes antillaises » par ces algues brunes nauséabondes. Depuis février, ces algues, dont l’origine reste incertaine mais que certains scientifiques pensent liée au dérèglement climatique, arrivent en masse sur les côtes de Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barth.

Elles dégagent, en séchant, de l’hydrogène sulfuré et de l’ammoniac, qui peuvent provoquer maux de tête, nausées et vomissements. Le phénomène particulièrement important cette année a poussé l’ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot à se rendre sur place en juin, avec la ministre des Outre-mer Annick Girardin.

Ils avaient alors annoncé un plan de lutte de 10 millions d’euros sur deux ans. Le chef de l’Etat est attendu à Goyave pour voir comment se décline ce plan. En baisse dans les sondages de popularité, il devrait en profiter une nouvelle fois pour aller au contact de la population, pour répondre à ceux qui l’interpellent sur ses réformes. Jeudi, il a affirmé avoir « dans le ventre l’impatience de 66 millions de Français ».

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