Illustration d'une poussette au bord de l'eau.
Illustration d'une poussette au bord de l'eau. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

PETITE ENFANCE

Marseille, «cité interdite pour l’enfant»? Des parents créent un «syndicat des poussettes enragées»

Des parents dénoncent le manque d’infrastructures adaptées aux jeunes enfants…

  • Un collectif de parents s’est constitué à Marseille.
  • Il dénonce notamment des difficultés pour se mouvoir en poussette dans la ville.
  • Il déplore plus largement un manque d’infrastructures dans la ville à destination des plus jeunes.

« Marseille, c’est la cité interdite pour l’enfant ! » Les mots de Sébastien Barles, ancien conseiller municipal écologiste, sont forts mais, il l’assure, à la hauteur de son ras-le-bol et de celui d’autres parents de la ville. Après des discussion sanimées, des parents ont décidé de se regrouper. De ce coup de gueule général est né le « syndicat des poussettes enragées marseillais » dont la première réunion se tiendra ce jeudi au Court-circuit , dans le sixième arrondissement de Marseille.

Cette trentaine de parents actifs au sein du collectif citoyen s’accorde sur un même point : rouler en poussette à Marseille serait un véritable challenge quotidien. « On ne peut pas circuler, déplore-t-il. A croire que la poussette est interdite ici ! Les trottoirs sont trop petits, quand ce ne sont pas les voitures qui sont garées dessus, ce qui nous oblige à passer sur la route, où il y a des nids-de-poule. »

« Pas assez de parcs »

Un constat que partagent de nombreux internautes de 20 Minutes, à l’image de David, qui raconte sa dernière sortie à la foire de Marseille en compagnie de sa sœur et son neveu, en poussette, le week-end dernier. « Pour notre déplacement, nous avons choisi le plus simple, donc le métro, explique-t-il. Ça a été la galère ! Les poussettes ne peuvent pas passer dans les tourniquets du métro. Il faut donc enlever l’enfant de la poussette, la lever, la faire passer au-dessus des tourniquets tout en passant le ticket. » Restent ensuite aux familles à emprunter les escaliers ou les escalators. Les ascenseurs restent en effet rares sur le réseau de transports en commun marseillais.

Selon Sébastien Barles, cet aspect n’est qu’une difficulté parmi d’autres pour les parents marseillais du collectif, qui déplorent un manque global d’infrastructures pour leurs rejetons. « Il n’y a pas assez de parcs, notamment dans le centre-ville, déplore-t-il. A La Plaine par exemple, avec les travaux, le petit parc va être supprimé. On a une poignée de squares pour des milliers d’enfants !  Pas assez de piscines non plus, ce qui fait que pour s’inscrire en bébés nageurs, c’est très compliqué. » « Quelle galère, ne serait-ce que de trouver un endroit où changer un bébé ! On se retrouve par terre, sur une table, entre deux chaises ou dans des WC hypercrades ! » abonde Audrey, une internaute de 20 Minutes.

« Plus de places en crèches »

Sur sa page Facebook, le syndicat qui se veut une « initiative citoyenne », réclame également « plus de places en crèches avec une attribution transparente des places. » « Il y a une absence de volonté politique, juge Sébastien Barles. Il manque 3.000 places en crèche, et rien n’est fait pour inciter par exemple à la création de crèches parentales. Et les critères d’attribution sont obscurs, on a l’impression que ça marche au piston ! »

Contactée, l’élue en charge de la petite enfance n’était pas en mesure de nous répondre dans nos délais de bouclage. Toutefois, jointe par l’AFP, Catherine Chantelot conteste ces chiffres. Selon elle, Marseille compte 7.938 places en crèches (privées, associatives et publiques) et seuls 1.900 enfants environ n’ont pas eu de places à temps plein.

« On a un taux de couverture supérieur à la moyenne nationale », affirme l’élue à nos confrères, ajoutant que la ville établissait un système de cotation « simple » pour l’attribution des places, décidées « devant les parents élus des crèches. »

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