Tout comprendre au projet de vignette qui met les chauffeurs routiers en colère

INFRASTRUCTURES Le ministre de la Transition écologique et solidaire a annoncé, dimanche, qu’il planchait sur un projet de vignette à destination des chauffeurs routiers…

V.V.

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Illustration poids-lourd
Illustration poids-lourd — CHRISTOPHE CHEVALIN/TF1/SIPA
  • François de Rugy travaille sur un projet de vignette pour les routiers.
  • Le but est de dégager des ressources pour entretenir les routes.
  • La Fédération des transports est déjà vent debout après cette annonce.

Éviter un accident comme celui du pont de Gênes (Italie). Éviter aussi et surtout les manifestations qui avaient fait de l’écotaxe un enfer pour le gouvernement en 2014. Les chauffeurs routiers ont déjà annoncé qu’ils étaient opposés au projet de vignette routière que François de Rugy a annoncé, dimanche, vouloir mettre en place dès 2019. 20 Minutes fait le point sur cet épineux dossier…

Qu’a annoncé exactement François de Rugy ?

Interviewé par BFM TV, le tout nouveau ministre de l’Economie a annoncé qu’il travaillait sur un modèle de vignette automobile destinée à taxer les chauffeurs routiers qui utilisent les routes françaises. Contrairement à l’écotaxe qui se basait sur le nombre de kilomètres parcourus par chaque chauffeur, le dispositif serait plutôt similaire à la Suisse ou à l’Angleterre : à savoir une vignette unique à acheter une fois par an, par mois ou même par semaine pour utiliser les routes et autoroutes françaises.

Qui serait concerné par cette mesure ?

C’est encore flou. Dans son interview, François de Rugy a indiqué que la vignette serait à payer par les chauffeurs étrangers qui, pour certains, traversent parfois le pays sans même s’arrêter pour faire un plein d’essence et ne participent pas à l’entretien des routes. Mais selon France Info, le ministère de l’Ecologie planche plutôt sur un projet visant tous les chauffeurs routiers.

Comment ont réagi les transporteurs français ?

Depuis le Grenelle de l’environnement, le projet de vignette est un serpent de mer pour les routiers. « C’est surtout une ligne rouge que nous ne franchirons pas », annonce, déjà, Benoît Daly, secrétaire général de la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR).

Très en colère, les routiers considèrent que le gouvernement a voulu lancer un ballon d’essai pour voir si la profession était toujours remontée sur le sujet. « Il n’est pas possible d’être taxé deux fois pour la même chose, poursuit Benoît Daly. Or, via les péages, nous payons déjà pour entretenir les routes. Une vignette supplémentaire n’est pas possible ! »

Combien l’État touche-t-il chaque année de taxes pour l’entretien des routes ?

Selon la FNTR, l’État touche environ 40 milliards d’euros chaque année des automobilistes. Elle est versée via la Taxe intérieure de consommation des produits énergétiques (TICPE). C’est-à-dire à chaque fois que l’on achète un litre d’essence. Or, toujours selon la FNTR, seuls 30 % des 40 milliards sont aujourd’hui utilisés pour l’entretien des routes et des autoroutes.