Des Lyonnais lancent «BuyOrNot», une application pour consommer de manière éthique et responsable

CONSOMMATION Les créateurs de la plateforme collaborative I-boycott ont lancé samedi leur application BuyOrNot, un « Yuka à la lyonnaise » qui permet de connaître l’impact environnemental des produits achetés…

Elisa Frisullo

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L'appli BuyOrNot permet de connaître l'impact sociétal du produit avant de l'acheter. Illustration.
L'appli BuyOrNot permet de connaître l'impact sociétal du produit avant de l'acheter. Illustration. — CHAMUSSY/SIPA
  • L’application BuyOrNot permet depuis samedi de tout savoir sur les produits, juste en les scannant.
  • Le consommateur peut ainsi voir si le produit est naturel ou industriel et si son fabricant est visé par un scandale ou une campagne de boycott.
  • L’objectif de l’association lyonnaise I-boycott est notamment d'informer le public pour lui permettre de consommer de manière responsable.

Un simple scan et vous saurez tout ce qui se cache derrière le produit que vous vous apprêtez à acheter. Depuis samedi, une nouvelle application a fait son apparition sur les smartphones pour permettre au public de consommer de manière éthique et responsable. BuyOrNot, accessible pour l’heure sur Androïd et bientôt sur iOS, a été imaginée par les créateurs Lyonnais de la plateforme collaborative et citoyenne I-boycott.org, pour offrir des informations ultra-précises sur l’impact environnemental des produits et des entreprises qui les fabriquent.

Sur le modèle de la célèbre application Yuka, BuyOrNot permet, grâce à la base de données Open food facts référençant plus de 600.000 produits, de connaître l’impact nutritionnel de la marchandise scannée. « Le consommateur peut aussi découvrir l’indicateur Nova qui permet de connaître le taux de transformation du produit. L’indice va de 1, pour les produits naturels, à quatre pour les produits industriels », indique Leven Acar, cofondateur de l’association I-buycott.

Plus révolutionnaire encore, l’appli permet de connaître l’impact sociétal de la marchandise. En clair, de savoir quel industriel ou quelle multinationale se cache derrière le produit et si la société en question est mêlée à un scandale quelconque ou visée par une campagne de boycott.

Impliquer les consommateurs en masse

« Par exemple, en scannant un produit Intermarché, le consommateur saura que l’enseigne est visée par une campagne de boycott pour son soutien à la ferme usine des 1000 veaux alors qu’elle a annoncé l’arrêt de la commercialisation des œufs de batterie à l’horizon 2025 », ajoute Leven Acar.

Des campagnes de boycott sont également en cours sur la plateforme contre Coca-Cola, pointée du doigt pour la pollution plastique et le pillage d’eau dans certains pays ou encore contre Lu pour son utilisation massive d’huile de palme. L’idée d’I-boycott n’est pas d’instaurer un énième rapport de force avec les entreprises, mais plutôt de les accompagner dans des démarches responsables et d’impliquer les consommateurs.

Des campagnes de boycott et plusieurs victoires

« Si les consommateurs s’impliquent en nombre, on pourra créer un contre-pouvoir citoyen qui permettra de court-circuiter les lobbies et reprendre notre rôle central dans la consommation. Nous sommes les seuls gardiens de l’éthique. Si nous ne jouons pas notre rôle, c’est normal que la société dérive », ajoute le Lyonnais de 30 ans.

La plateforme I-boycott, suivie aujourd’hui par 110.000 inscrits, vise les 500.000 d’ici à la fin de l’année pour peser davantage et être crédibles face aux entreprises d’agroalimentaire. Après des combats citoyens, l’association lyonnaise, reconnue d’intérêt général, compte déjà à son actif plusieurs victoires. Parmi elles, l’entreprise Petit navire a notamment accepté de modifier ses pratiques de pêche à l’issue d’une longue phase de boycott des internautes.