Chômeurs, attention aux offres d’emplois frauduleuses ou illégales

VIGILANCE Pôle emploi publie des recommandations pour éviter les problèmes…

20 Minutes avec AFP

— 

Une illustration d'une agence Pôle emploi, avec qui travaille l'Unédic pour le versement de l'allocation chômage.
Une illustration d'une agence Pôle emploi, avec qui travaille l'Unédic pour le versement de l'allocation chômage. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Si le principal défi du demandeur d’emploi est de trouver un job, il doit aussi relever celui de repérer les arnaques, comme les numéros surtaxés ou les faux entretiens, de même que les annonces illégales, où le recruteur réclame par exemple une limite d’âge ou impose le permis de conduire. Parmi les recommandations listées par Pôle emploi : ne pas verser d’argent à l’employeur ; ne pas communiquer d’informations personnelles ; n’accepter aucune contribution sans contrat ou de se méfier d’une offre « trop attractive ».

L'« encaissement de chèque » apparaît comme l’arnaque la plus courante : un faux employeur dépose une offre sur le site de Pôle emploi, annonce au candidat qu’il a été retenu, lui propose d’encaisser un chèque (faux ou volé) et dans la foulée, prétextant une erreur dans le montant inscrit sur le chèque, réclame que le candidat restitue une partie de la somme par virement bancaire. Existent aussi des appels téléphoniques avec renvoi vers des lignes surtaxées ou différents procédés d’usurpation d’identité du demandeur d’emploi.

Offre frauduleuse et offres illégales

« Quand une personne est au chômage depuis un, deux, trois ans, elle s’enferme dans son isolement, et le risque est grand qu’elle accepte tout et n’importe quoi », souligne Pauline Simon, de l’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC). Pôle emploi fait une distinction entre les annonces frauduleuses, émanant « d’escrocs », et les offres « illégales », venant de recruteurs « qui n’ont pas l’intention de nuire mais, par méconnaissance des textes de loi, » sortent de la légalité, explique Catherine Poux, directrice du service aux entreprises de l’opérateur.

Parmi ces offres illégales, figurent le plus souvent des informations contradictoires comme demander un profil « avec expérience » tout en mentionnant « débutants acceptés ». Il peut également s’agir de discrimination (annonce genrée, limite d’âge, proximité du lieu d’habitation…). Ou certains recruteurs demandent un casier judiciaire vierge, un permis de conduire, voire un véhicule, alors que le travail ne l’exige pas. Pour pallier ce problème, un algorithme contrôle systématiquement depuis 2012 la légalité des offres et les suppriment lorsqu’elles sont illégales. Un conseiller de Pôle emploi demande ensuite au recruteur les modifications nécessaires pour éventuellement réafficher l’annonce.

Des risques pour les demandeurs d’emploi

Pôle emploi a évalué ces annonces à 9,3 % en 2017. Un chiffre bien en deçà de celui avancé en septembre par le syndicat « CGT-Privés d’emploi et précaires », qui évoque 50 %, fort d’une revue de 1.700 offres, réalisée fin août-début septembre. Une donnée que l’opérateur public conteste et qualifie de « fantaisiste », car intégrant des situations légales, bien que problématiques, comme des offres n’existant pas ou renvoyant à des liens morts ou encore des doublons, voire quadruplons d’offres. La CGT a aussi listé des problèmes de contrats (CDI promis mais CDD dans les faits).

Depuis un an, il a noté une réduction des appellations non conformes (« CDD renouvelable », « CDD en vue d’un CDI ») mais selon lui, l’algorithme « n’est pas en mesure de faire le tri ». « Or un demandeur d’emploi peut être radié s’il refuse à deux reprises » sans motif légitime une offre raisonnable d’emploi, s’inquiète-t-il. Un argument balayé par Pôle emploi, qui souligne qu’une « offre raisonnable » doit forcément être proposée par un conseiller et que les radiations ne sont jamais automatiques. « Si un demandeur d’emploi refuse une offre, qui malheureusement s’avère illégale ou frauduleuse, il est bien évident que le conseiller ne proposera jamais une radiation pour ce motif », assure Catherine Poux.