Yom Kippour: Le rite des Kapparot fait (encore) polémique à Marseille

RELIGION Certaines communautés ultra-orthodoxes sacrifient des poulets avant Yom Kippour. Ce rituel est-il pratiqué à Marseille ? Différents responsables de la communauté juive marseillaise démentent...

Jean Saint-Marc

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Le rituel des Kapparot, ici pratiqué en Israël en 2015 (photo d'illustration).
Le rituel des Kapparot, ici pratiqué en Israël en 2015 (photo d'illustration). — SIPANY/SIPA
  • La communauté juive marseilaise est secouée en ce moment par une polémique sur un rituel peu connu, même au sein de la communauté : les Kapparot. 
  • Le rabbin mis en cause par l'association L214 dément pratiquer ce rite, qui consiste à faire tourner un poulet au-dessus de la tête d'une personne, avant de sacrifier l'oiseau. 

Commençons par une blague juive, entendue à la radio et retranscrite de mémoire : « On peut résumer toutes les fêtes en trois phrases : “ils ont voulu nous tuer, nous nous en sommes sortis, qu’est-ce qu’on mange ?”» La communauté juive marseillaise, qui célèbre à partir de ce mardi la fête de Yom Kippour, est secouée en ce moment par une polémique sur un rituel peu connu, même au sein de la communauté : les Kapparot.

L’association L214, qui lutte contre la cruauté envers les animaux, multiplie les recours en justice pour faire interdire ce rituel. Il consiste à faire tournoyer un poulet au-dessus de la tête d’une personne, afin de la laver de ses pêchés. Selon une habitante du quartier Saint-Barnabé, dans le 12e arrondissement, ce rituel a été accompli en 2015, et partiellement filmé. « Notre lanceuse d’alerte ne sait pas s’ils ont fait les Kapparot cette année ou pas, mais en tout cas, elle n’a pas vu de livraison de poulets ni de sang dans le caniveau », précise Isis La Bruyère, chargée de campagne pour L214.

« Je n’ai fait aucune cérémonie. Aucune. Je ne sais pas de quoi ils parlent », se défend le rabbin Emmanuel Taubenblatt, parfois nommément accusé par les militants de L214, qui se sont notamment exprimés dans La Provence. Auprès du quotidien régional, en fin de semaine dernière, il s’était emporté : « C’est moi qui vais la plumer en justice, cette voisine. Personne ne lui a demandé de se pencher de son balcon pour regarder chez moi. »

Un rituel démodé ?

« Depuis quelques années, ça ne se fait plus. Plus personne ne fait ça, ou alors uniquement dans des abattoirs », assène un employé du service Cacherout du Consistoire israélite de Marseille. Il développe :

Depuis quelque temps, on fait plutôt les Kapparot avec des pièces. On fait passer des pièces au-dessus de la tête de la personne et on rachète son âme… C’est très symbolique, presque ésotérique. Il n’y a aucune obligation qui impose de faire ça avant Yom Kippour. Et les personnes expérimentées en la matière se font rares ! »

« Chacun fait ce qu’il veut », conclut Emmanuel Taubenblatt, qui affirme n’avoir rencontré ni policiers, ni représentants des services vétérinaires, cette année. L214 ne sait pas si les plaintes déposées en 2015 et 2016 ont abouti. Mais de source proche du dossier, une affaire semblable devrait être prochainement examinée par le tribunal administratif de Marseille.

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