Loire-Atlantique: Des élus appellent les mairies du département à accueillir des réfugiés

MIGRANTS « Nous avons un devoir de fraternité à exercer », expliquent les élus du collectif Territoires44…

Julie Urbach

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Des migrants du camp du square Daviais, à Nantes
Des migrants du camp du square Daviais, à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • En centre-ville de Nantes, plus de 500 migrants dorment toujours sous des tentes, square Daviais.
  • Un collectif d’élus du département appelle les communes de Loire-Atlantique à mettre à disposition des locaux.

« L’été passe, l’hiver arrive. Ces pauvres gens ne peuvent pas rester dans cette situation. » Ce vendredi matin, le maire de Chaumes-en-Retz, Georges Lecleves, a officiellement lancé un appel à ses collègues de tout le département de Loire-Atlantique, au sujet de la question des migrants. L’édile est le président du collectif Territoires 44, une jeune association regroupant une centaine d’élus sans étiquette et qui prône la solidarité territoriale. Car pour lui, sur ce sujet aussi, « tout le monde a un devoir de fraternité à exercer ».

Alors que plus de 500 migrants dorment toujours dans des tentes, square Daviais en centre-ville de Nantes, la situation est « inhumaine », juge le maire. « J’appelle tous les élus, des communes urbaines ou rurales, à mettre à disposition des lieux pour accueillir les réfugiés, et à mobiliser leurs équipes de bénévoles », demande ce vendredi Georges Lecleves.

Le maire de Chaumes-en-Retz George Lecleves
Le maire de Chaumes-en-Retz George Lecleves - J. Urbach/ 20 Minutes

Une dizaine de communes engagées

Le collectif assure avoir convaincu la préfecture d’apporter aux villes volontaires un soutien technique et administratif. Il annonce aussi qu'« une dizaine de communes, dans le Pays de Retz ou le vignoble, sont déjà prêtes à mettre à disposition des logements, ou à mobiliser leur réseau associatif pour rechercher des locaux vacants ». D’autres pourraient se joindre au mouvement, et notamment celles qui ont déjà accueilli des migrants, l’année dernière, après le démantèlement du camp de Calais.

Georges Lecleves assure savoir de quoi il parle, puisque Chaumes-en-Retz reçoit, depuis deux ans et demi, une famille irakienne. « Nous avons financé les matériaux et des bénévoles ont remis en état une maison qui appartenait à la commune, raconte le maire. Les enfants vont à l’école, l’aîné travaille… » Mais il sait aussi que cette solution ne peut être apportée à tous les migrants, mais plutôt à ce qui ont déjà obtenu le statut de réfugié, et dont la situation administrative ne nécessite plus de se déplacer régulièrement à Nantes.

Objectif : libérer des places dans les centres

« Au final, l’objectif est que ça libère des places en CADA [centres d’accueil des demandeurs d’asile] pour que les personnes du square Daviais y accèdent », justifie Franck Nicolon, conseiller municipal à Clisson et membre de Territoires44. Et que les familles qui quittent ces centres pour une autre commune puissent s’y installer de façon plus durable.

Le camps de migrants du square Daviais à Nantes
Le camps de migrants du square Daviais à Nantes - J. Urbach/ 20 Minutes

L’initiative a été reçue positivement par le collectif de soutien aux migrants, qui sera associé à sa mise en place. Valérie Oppelt, députée (LREM) de Loire-Atlantique, a elle aussi salué la démarche, alors qu’elle organisait ce vendredi une table ronde sur l’intégration des migrants par le travail.