Saint-Etienne: Un prêtre pédophile logé par l'évêque dans le même bâtiment que sa victime

EGLISE Alors qu’il avait subi quarante ans plus tôt les actes pédophiles du père Régis Peyrard, ce curé a dû cohabiter avant l’été avec son bourreau…

J.R.

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Un prêtre de l'église catholique française. (illustration)
Un prêtre de l'église catholique française. (illustration) — KONRAD K./SIPA

C’est une « négligence » de son évêque qui a poussé ce clerc du diocèse de Saint-Etienne, a raconté ce dérapage dans les colonnes du Parisien. Victime à l’adolescence du père Régis Peyrard, poursuivi pour de nombreux actes pédophiles sur des mineurs dans le diocèse de Lyon, le père Jean-Sébastien s’est pourtant retrouvé avant cet été à loger dans la même maison que son bourreau !

Agé de 60 ans, ce prêtre réside à Saint-Etienne dans une maison séparée en deux appartements appartenant au diocèse et servant de lieu d’hébergement aux personnes de passage. Le père Régis Peyrard, qui habite normalement en Ardèche, était présent à Saint-Etienne pour être entendu par les gendarmes.

Victime et bourreau se croisent au quotidien

C’est à la demande de l’évêque, Monseigneur Sylvain Bataille, que le curé pédophile a installé ses valises dans ce logement. Avec une entrée commune aux deux appartements, la victime croise donc régulièrement son bourreau qui l’a agressée il y a 40 ans. Des faits que l’évêque ne pouvait ignorer…

Un matin, Jean-Sébastien s’est retrouvé nez à nez avec son agresseur, qui lui a alors demandé pardon. Lors de cette discussion, le père Régis Peyrard a même confié des informations que sa victime avait faites à l’évêque, mettant à mal la confidentialité de l’échange de la victime avec l’évêque.

Le diocèse reconnaît une maladresse

L’entourage de l’évêque a assuré ignorer la situation de victime du prêtre et a admis une « maladresse ». Dans un courrier, il a demandé pardon au prêtre victime, qui suit depuis vingt ans une psychothérapie.

Par son témoignage, Jean-Sébastien veut pointer « les dysfonctionnements de l’Eglise » et son manque d’empathie envers les victimes.