IVG: L'image de la profession est «ternie» après les propos «choquants» d'un gynécologue

AVORTEMENT Interrogé par l’émission « Quotidien » diffusée mardi, un gynécologue a comparé l’avortement à un « homicide »…

L.Br.

— 

Brochure d'information sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG).
Brochure d'information sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG). — DURAND FLORENCE/SIPA

Après la prise de position du président du Syndicat national des gynécologues contre l’IVG à la télévision, l’un de ses confrères a fermement condamné ses déclarations.

Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), a réagi auprès de Franceinfo : « C’est choquant d’entendre ce genre de propos de la part d’un responsable syndical. » Il fait référence à la prise de parole de Bertrand de Rochambeau sur l’IVG dans une émission diffusée mardi sur TMC. Devant les caméras de Quotidien, le président du Syndicat national des gynécologues indiquait qu’il refusait désormais de pratiquer l’IVG, un acte apparenté à un « homicide », selon lui.

Obligation d’informer la patiente

Et d’ajouter : « En tant que médecin, je ne suis pas forcé d’avoir votre opinion et, si je ne l’ai pas, la loi me protège et ma conscience aussi ». Selon le Code de la santé publique, « un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une IVG », de même qu'« aucune sage-femme, aucun infirmier ou infirmière, aucun auxiliaire médical, quel qu’il soit, n’est tenu de concourir » à cet acte médical. En revanche, le médecin a l’obligation d’orienter la patiente vers un médecin qui pratique l’IVG.

Des propos condamnés immédiatement par de nombreux praticiens. « C’est toute la profession qui voit son image ternie », a regretté sur Franceinfo Jean-Paul Ortiz. « M. de Rochambeau est responsable syndical. Quand il s’exprime sur un média, il parle au nom de toute une profession », estime-t-il. Le responsable syndical a souhaité tempérer la polémique.

« Fort heureusement, l’ensemble des gynécologues-obstétriciens, j’en suis sûr, ne vont pas se reconnaître dans ces propos d’un autre temps du docteur de Rochambeau », a conclut Jean-Paul Ortiz.

>> A lire aussi : VIDEO. En 2018, encore de nombreux obstacles pour avorter en France

>> A lire aussi : Argentine. Des milliers de personnes manifestent contre l'avortement à Buenos Aires

>> A lire aussi : Argentine. Après le rejet de l'avortement, 3.000 personnes renoncent à leur baptême