Toulouse: Mais pourquoi on aime tant se faire sonner les cloches ?

PATRIMOINE A l’occasion des Journées du patrimoine, trois nouvelles cloches font être fondues en live en Toulouse. Une opération en partie financée par les habitants. Parce que les cloches ont la cote…

Hélène Menal
Chez un artisan fondeur de cloche. Illustration.
Chez un artisan fondeur de cloche. Illustration. — Odile - Sipa
  • A l’occasion des Journées du patrimoine, trois nouvelles cloches vont être fondues et accrochées pour la basilique toulousaine de la Daurade.
  • Elles ont été en partie financées par des particuliers qui ne se sont pas fait prier.
  • Elles sonneront « Ô Toulouse», un autre gros morceau du patrimoine.
Les
Les - Ville de Toulouse

Une volée de cloches qui interprète «Ô Toulouse» (La Toulousaine en fait, un poème occitan du XIXe), propulsant l’hymne communal vers les cieux, c’est un must pour les habitants, même les plus nougaro-sceptiques, de la Ville rose. Et il n’y a plus longtemps à attendre puisque le point d’orgue des Journées du patrimoine sera la fonte en live samedi des trois nouvelles cloches de Notre-Dame de la Daurade, la basilique des bords de Garonne.

L’une servira à retrouver le « fa » d’une vieille cloche aphone, les deux autres à compléter le carillon, sans quoi sonner la fameuse chanson n’aurait pas été possible.

Et, preuve que l’attachement au patrimoine « campanaire » n’est pas du pipeau, les Toulousains ont pour certains payé pour se faire sonner les cloches. La mairie a en effet financé l'opération par du mécénat participatif et les 30.000 euros ont été réunis bien avant la date butoir.

Sur les 190 mécènes, les entreprises ou associations se comptent sur les doigts des deux mains, les autres étant des particuliers. Sans trahir de secret, un Suisse et un Roumain ont contribué. Sinon 60 % des donateurs sont des Toulousains et 30 % habitent ailleurs en France, mais ont stipulé pour la plupart qu’ils avaient des liens familiaux avec la Ville rose.



Les maires aiment les cloches

Cette adhésion aux cloches n’étonne pas Rémi Paulin, chargé de mission en Occitanie pour la Fondation du Patrimoine. « Le patrimoine campanaire est un des plus séduisants pour le financement participatif. Les clochers gardent une grande force, les gens y restent attachés », souligne-t-il.

D’ailleurs les métiers de la cloche ne sont pas en désuétude. « Il y a chez nous des charpentiers que nous formons nous-mêmes mais aussi des électroniciens », explique Pascal Minier, le responsable régional de la société Bodet, le « campaniste » qui va installer les cloches de la Daurade. Le métier a beau être une « niche », il reste incontournable. « Nous installons entre 60 et 80 cloches par an et 2018 est une bonne année », précise le professionnel qui encore plus confiant pour 2019. D’expérience, il sait qu’avant les municipales, les maires s’intéressent beaucoup aux cloches. Qu’elles sonnent le glas ou l’heure, elles rythment les journées et pas seulement des paroissiens.