VIDEO. Var: «Cassez-vous!», Marine Le Pen chahutée dans un village qui doit accueillir un centre de demandeurs d'asile

VAR La présidente du Rassemblement national a finalement dû écourter sa visite...

M.C. avec AFP

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Marine Le Pen en déplacement à Châteaudouble (Var), le 12 septembre 2018.
Marine Le Pen en déplacement à Châteaudouble (Var), le 12 septembre 2018. — BORIS HORVAT / AFP

Elle avait choisi ce village selon elle «symbolique de ce qui se passe dans toute la France aujourd'hui». Marine Le Pen a été chahutée mardi à Châteaudouble (Var), où elle a dénoncé ce qu'elle qualifie de «submersion migratoire imposée par l'Union européenne» dans cette petite localité qui doit accueillir un centre de demandeurs d'asile.

La présidente du Rassemblement national (RN) a finalement dû écourter sa déambulation, face à une cinquantaine de villageois venus protester contre sa venue. «Cassez-vous!», «le FN [devenu RN en juin] on n'en veut pas chez nous», criaient des manifestants. «Marine, Marine», scandaient les partisans de Marine Le Pen. 

Le responsable du RN dans le Var et président du groupe RN au conseil, Frédéric Boccaletti, a déclaré avoir porté plainte après ces protestions, pour «entrave à la liberté de circulation, insultes et menaces», dénonçant un «laxisme total du préfet» du département.

Une pelleteuse pour barrer la route

«C'est un petit village de 470 habitants dans lequel, sur ordre de l'Union européenne, on installe 72 migrants, sans avoir demandé son avis à la population, sans avoir demandé son avis au maire. C'est comme si demain on imposait 12 millions de migrants en France en l'espace d'une nuit», a poursuivi Marine Le Pen.

Châteaudouble doit accueillir, dans un centre d'accueil et d'orientation (CAO), un maximum de 72 demandeurs d'asile de sexe masculin, qui ont vocation à rester entre un et neuf mois, le temps que leurs dossiers soient étudiés. L'autorisation donnée par la préfecture à ce centre géré par l'association Forum Réfugiés est de deux ans.

«La France va vivre demain une pression migratoire considérable (...) et les deux seuls pays qui vont se retrouver en fin de course sont la France et l'Espagne, qui vont être obligés d'accueillir l'ensemble des clandestins qui cherchent à rejoindre l'Europe», a précisé Marine Le Pen devant la presse, mais dans une ambiance chahutée, avec notamment une pelleteuse installée par les villageois pour lui barrer l'accès à une partie du village.

«Une première vague d'une dizaine de demandeurs d'asile» cette semaine

«Je viens dire solennellement à Châteaudouble, village symbolique, qu'en ce qui nous concerne, il n'en est pas question. Nous continuerons à lutter contre l'immigration clandestine, à réclamer que le droit d'asile soit analysé dans les consulats et les ambassades des pays d'origine», a encore lancé Marine Le Pen.

Le CAO, installé dans une maison de retraite inaugurée en 2014 mais désaffectée depuis deux ans, doit accueillir, mercredi ou jeudi selon Forum réfugiés, «une première vague d'une dizaine de demandeurs d'asile», les autres devant arriver «petit à petit». Six personnes ont été embauchées pour encadrer ces demandeurs d'asile, dont certaines dans le village, assure l'association. Marine Le Pen, qui avait prévu de visiter ce centre, a finalement dû y renoncer.