Prévention, réinsertion... L'Elysée promet des moyens «élevés» pour «enrayer la pauvreté»

SOCIAL Benjamin Griveaux a annoncé un plan de 8 milliards d'euros sur quatre ans...

G. N. avec AFP

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Emmanuel Macron, le 8 septembre 2018.
Emmanuel Macron, le 8 septembre 2018. — LILIAN AUFFRET/SIPA

Le plan pauvreté qu'Emmanuel Macron doit présenter jeudi s'appuiera sur deux «piliers», la prévention de la précarité, notamment chez les plus jeunes, et l'aide à la réinsertion vers l'emploi, et sera doté de moyens «très élevés», a promis mercredi l'Elysée. L'effort sera de «8 milliards d’euros, répartis sur quatre ans», a précisé à 20 Minutes Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement. 

Il s'agit d'une «stratégie très ambitieuse», dotée d'un «montant très élevé» avec «beaucoup de mesures nouvelles», a déclaré un conseiller du chef de l'Etat lors d'une rencontre avec la presse. Emmanuel Macron doit prononcer jeudi matin un discours très attendu, d'environ une heure au Musée de l'Homme à Paris, dans lequel il doit notamment dévoiler des actions pour «enrayer les inégalités de destin qui se perpétuent de génération en génération».

Soutien aux jeunes en difficulté

En matière de prévention, le plan prévoit d'ouvrir davantage les crèches aux enfants de quartiers prioritaires ou défavorisés - via des bonus financiers aux collectivités -, de créer un fonds pour financer des petits-déjeuners dans les écoles prioritaires ou des tarifs sociaux dans les cantines.

Pour les jeunes, l'obligation de formation sera portée de 16 à 18 ans. Des moyens supplémentaires seront attribués aux missions locales pour qu'elles repèrent les décrocheurs du système scolaire, estimés à plusieurs dizaines de milliers, et leur proposent des formations. En outre, le dispositif «garantie jeune», pour les 16-25 ans les plus éloignés de l'emploi, sera étendu à «500.000 jeunes avant la fin du quinquennat», contre 100.000 actuellement.

En matière de santé, la CMU (couverture maladie universelle) sera étendue à plusieurs millions de personnes pour qu'elles bénéficient d'une complémentaire santé.

«Repenser les minima sociaux»

Concernant le «deuxième pilier», l'Elysée promet le «développement massif de dispositifs d'insertion par l'activité économique», considérant que «le retour au travail est le meilleur outil de lutte contre la pauvreté». Chantiers d'insertion, territoires zéro chômeurs, Travail alternatif payé à la journée (Tapaj)... L'ambition est d'étendre ces dispositifs à 100.000 bénéficiaires supplémentaires d'ici 2022 (140.000 aujourd'hui).

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Le président, qui s'était emporté contre "le pognon de dingue" que représentent les aides sociales, devrait aussi faire des annonces visant à «repenser les minima sociaux», dont le RSA, comme une simplification des démarches pour un meilleur accompagnement.