Nantes: C’est la rentrée, et ces étudiants n'ont toujours pas trouvé où se loger

GALERE Alors que les cours redémarrent, de nombreux étudiants sont toujours en quête d'un appartement. Exemple à Nantes où le marché de la location est très tendu...

Julie Urbach

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Illustration sur la recherche de logements etudiants
Illustration sur la recherche de logements etudiants — M.LIBERT/20 MINUTES
  • La rentrée approche, voire est déjà passée pour certains, et des étudiants sont toujours en galère de logement.
  • Les appartements T1 et T2, très demandés, ne sont pas assez nombreux à Nantes.

Sa rentrée a eu lieu jeudi à Nantes mais il n’a toujours pas été en cours. Alors que ses camarades de BTS Services informatique aux organisations se sont mis au travail, Gurvan, lui, est bloqué chez ses parents, près de Vannes.

Le jeune homme de 18 ans, qui a reçu son affectation via Parcoursup début septembre, n’a toujours pas dégoté de logement. « Ça devient désespérant, se désole-t-il, au téléphone. Je vais perdre ma place si jamais je ne trouve rien. Faire l’aller-retour tous les jours me coûterait 70€. Je n’ai pas les moyens de me payer un hôtel en attendant. »

A Nantes comme dans d’autres grandes villes en France, trouver un logement en cette rentrée universitaire relève du parcours du combattant. «Je suis super stressée car je ne sais pas comment je vais faire », raconte Emilie, 22 ans. Cette étudiante en stylisme, qui a encore deux semaines pour s’organiser s'agace: « Les agences n’ont plus rien, et sur Le Bon coin ce n’est pas mieux. En général, ça ne répond pas, ou sinon c’est déjà loué. Sans compter les arnaqueurs, qui nous demandent d’apporter plusieurs centaines d’euros en liquide pour réserver leur studio... »

Marché locatif tendu

Alors que la question est épineuse depuis plusieurs années, la situation semble avoir empiré cette année. La cité des ducs a été classée à la 24e place dans le récent classement de l'Etudiant, sur le critère logement. « La tension du marché locatif ne cesse de se renforcer, confirme Isabelle Lefeuvre, membre de la commission Habitat du club immobilier Nantes Atlantique ( Cina). Particulièrement pour les T1 et T2 où il y a peu d’offres dans le neuf. Ce sont les biens qui manquent le plus, car ils sont aussi très prisés par les jeunes actifs, nombreux à s’installer à Nantes. Du coup, les gens bougent de moins en moins de leur appartement. » 

Cette année, les clients ont réservé très en avance. Selon le Cina, la majorité des biens était déjà louée dès le mois de juillet. « Je cherche depuis début août et je n’ai décroché aucune visite, témoigne Flavie, toujours à la recherche d’un toit alors que sa prépa aux écoles d’art démarre jeudi. J’ai contacté le Crous sans aucune réponse ». Car les résidences universitaires sont elles aussi saturées. Si 240 nouvelles places doivent être créées à Nantes d’ici à 2021 (deux nouvelles constructions sont prévues, l'une sur l'île de Nantes, l'autre à la Jonelière) « nous avons calculé qu’il nous manquera encore 500 places », estime Corinne Vadé, directrice générale du Crous.

Airbnb, solution bancale

Du coup, les étudiants qui n’ont pas de proches pour les héberger, ou de plan pour une colocation, n’ont pas vraiment le choix. « Si je n’ai vraiment rien, ce sera Airbnb en attendant, mais c’est une solution complètement bancale, se résigne Claire, 21 ans, qui commence un diplôme universitaire en droit au mois de novembre. C’est frustrant car j’ai un budget assez élevé, d’environ 550 euros, et un dossier plutôt correct. Les seules choses qu’on me propose aujourd’hui, ce sont de petites chambres, sombres voire un peu glauques. »