Toulouse: L'octogénaire part en maison de retraite, des squatteurs s'installent chez lui

SOCIETE La maison d’un octogénaire toulousain parti en maison de retraite a été investie par une famille discrète qui a changé les serrures. Les voisins du propriétaire, choqués de ce qui lui arrive, se mobilisent…

Helene Menal

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Le portail est condamné par des chaînes neuves placées par les nouveaux occupants.
Le portail est condamné par des chaînes neuves placées par les nouveaux occupants. — H. Menal - 20 Minutes
  • A Toulouse, la maison d’un octogénaire parti en maison de retraite est squattée depuis 11 jours.
  • Il n’a plus d’autre choix que de se lancer dans une longue procédure judiciaire.
  • Ses voisins, émus et scandalisés, se mobilisent.

Bizarrement une « famille » de poupées en chiffon a été installée sur le balcon. Le portail est condamné par une chaîne neuve, cadenassée, et de nouveaux noms sont apparus sur la boîte aux lettres.

Cette vaste maison, à l’architecture originale, située dans une rue apparemment paisible du quartier Fontaine-Lestang, à Toulouse, est l’objet de toutes les attentions. Car elle devrait être vide. Son propriétaire, un octogénaire célibataire, a dû la quitter l’année dernière à la suite d’un pépin de santé. Il a ensuite pris le chemin d’une maison de retraite à deux pas de là.

Les affaires du propriétaire sorties dans l’allée

En fait, les nouveaux habitants sont des squatteurs​. « Le 31 août, ce qui ressemblait fort à un collectif puisqu’il y avait une quinzaine de personnes a débarqué. Ils ont cassé une fenêtre au premier étage, tout nettoyé et sorti les affaires du propriétaire dans l’allée, sous une bâche. Puis la famille s’est installée », raconte Amélie Bédeil, une des voisines qui a pris la tête de la mobilisation des riverains de la rue Jules-Tellier.

Ces derniers n’ont rien contre la famille en question, qui ne se montre pas et brille par son silence, mais ils sont émus du sort de leur voisin. « Imaginez qu’il ait besoin de vendre ou de louer pour payer sa maison de retraite, comment va-t-il faire ? », glisse Alain, un autre voisin. Colette frisonne à l’idée qu’il pourrait lui arriver la même chose si elle s’absente.

Des poupées de chiffon ont été placées sur la balcon.
Des poupées de chiffon ont été placées sur la balcon. - H. Menal - 20 Minutes

Aucun collectif contre le mal-logement n’a revendiqué cette opération. Mais les cadenas neufs (et la symbolique des poupées de chiffon aussi) plaident pour des militants aguerris. Des personnes au courant notamment du délai de 48 heures à ne pas dépasser pour demander l’expulsion des squatteurs par les forces de l’ordre. Au-delà, les propriétaires doivent saisir le tribunal d’instance et se lancer dans une longue procédure.

D’un autre côté, les collectifs toulousains visent rarement des biens de particuliers. Ils optent plus souvent pour des bâtiments publics ou des lieux vides appartenant à de puissantes entreprises ou à de gros bailleurs. Et pas à un octogénaire vulnérable.

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