Terrorisme: La misère sociale prédomine dans le portrait-robot du djihadiste européen

ETUDE 197 cas ont été traités, dont 58 venus de France…

Rachel Garrat-Valcarcel

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Les djihadistes sont quasi-exclusivement des hommes.
Les djihadistes sont quasi-exclusivement des hommes. — DELIL SOULEIMAN / AFP

Tenter de dresser le portrait-robot des djihadistes à l’échelle de l’Europe : c’est ce qu’est en train de faire un think-tank slovaque, Globsec. 197 profils ont été étudiés, a appris Le Parisien, qui révèle les données préliminaires de cette recherche pas encore toute à fait terminée. Sur ceux-là, 58 viennent de France. Viennent ensuite l’Espagne et le Royaume-Uni. Au total, onze pays sont concernés par l’étude.

Les premières données semblent passionnantes. Car, au-delà de confirmer que beaucoup d’entre eux avaient déjà eu des démêlés (parfois graves) avec la justice, que ce ne sont pas des loups solitaires, que ce sont à 87 % des hommes… le think-tank a aussi traité des données sociales. Comme celles liées à l’éducation, par exemple.

40 % étaient au chômage

Il ressort que seuls 20 % des djihadistes étudiés sont passés par le lycée. Seuls trois sur 197 avaient au moment de leur arrestation ou de leur décès un diplôme universitaire. Forcément, ça se ressent après sur leur capacité à trouver du travail et donc sur leur niveau économique global. 40 % des personnes étudiées étaient au chômage, seuls 28 % avaient du travail. La misère sociale est donc un des critères les plus partagés.

Aussi, on apprend que les radicalisations sont rarement rapides. Sept des 197 cas étudiés se sont radicalisés en moins de six mois. Il s’agit donc d’un processus au long cours. Enfin, on apprend que la moyenne d’âge des djihadistes comme est de 29,9 ans contre 32,8 ans pour les femmes.