Évacuation d’une ZAD près de Strasbourg: L’eurodéputée Karima Delli aspergée de gaz lacrymogènes

EVACUATION Elle participait avec José Bové à un rassemblement d'opposants au Grand contournement ouest de Strasbourg...

M.C.

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L'eurodéputée EELV Karima Delli.
L'eurodéputée EELV Karima Delli. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

L’eurodéputée EELV Karima Delli, qui participait comme son collègue José Bové à un rassemblement avec d’autres opposants au Grand contournement ouest de Strasbourg, a été touchée lundi par des gaz lacrymogènes, rapportent plusieurs médias locaux.

Plus de cinq cents gendarmes ont évacué lundi à l’aube quelque 150 zadistes, riverains et élus qui tentaient de s’opposer au démarrage du chantier de construction d’une rocade autoroutière à Kolbsheim, près de Strasbourg.

« Restée à terre de longues minutes »

Dans la soirée, un nouvel affrontement tendu a opposé plus de 300 personnes aux gendarmes, après un rassemblement au château de la commune, auquel participaient les deux députés européens. Quand les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, Karima Delli « a été sévèrement incommodée et s’est écroulée au sol, en pleurs, prise de difficultés respiratoires », rapportent les Dernières nouvelles d’Alsace.

Elle est « restée à terre de longues minutes », précise France Bleu Alsace. La députée aurait été secourue par des manifestants, dont un médecin, et par José Bové, avant d’être évacuée. « Une violence inacceptable, a dénoncé José Bové auprès de la radio. « J’ai envie de dire au préfet d’Alsace : regardez ce que vous êtes en train de faire alors qu’on est pour le dialogue, pour la discussion, vous donnez des ordres absolument invraisemblables, ce soir je suis en colère, écœuré. »

« Usage de la force de manière strictement proportionnée »

Par voie de communiqué, la préfecture du Bas-Rhin a indiqué que « les gendarmes engagés sur le dispositif de sécurisation ont fait usage de la force de manière strictement proportionnée ». Et raconte : « Vers 20h15, environ 150 manifestants (sur 200 présents) se sont dirigés vers les parcelles évacuées le matin même, nécessitant l’intervention des gendarmes restés en sécurisation. Ces derniers ont alors fait usage d’une grenade lacrymogène à main pour tenir à distance les manifestants. Visées par des jets de projectiles, les forces de l’ordre ont ensuite fait usage à deux reprises de lacrymogènes par diffuseur afin d’assurer le retour au calme. »