Pédophilie: L'archevêque de Strasbourg appelle l'Eglise à «changer en profondeur»

ABUS SEXUELS « Cette crise n’est plus gérable entre évêques » selon l’archevêque Mgr Luc Ravel…

20 Minutes avec AFP

— 

L'archevêque de Strasbourg Luc Ravel
L'archevêque de Strasbourg Luc Ravel — VILLARD/SIPA/SIPA

L'Eglise doit « changer en profondeur » pour se débarrasser du « cancer des abus sexuels » commis par des prêtres. Ces scandales « nous interdisent de continuer dans le futur sans changer en profondeur », écrit l’archevêque de Strasbourg, Mgr Luc Ravel, dans une « lettre pastorale » publiée vendredi et intitulée « Mieux vaut tard ».

Destinée à l’ensemble du diocèse alsacien, elle fait écho à celle du pape François publiée le 20 août.

Ce « n’est pas une vaguelette, c’est un tsunami »

« Le diocèse de Strasbourg n’a pas été épargné », a souligné le prélat vendredi devant la presse, évoquant une « trentaine de cas en Alsace » dont le plus ancien remonte à 1948.

Nombre d’entre eux sont prescrits, certains « traités par la justice civile et d’autres ont été signalés à la justice », a-t-il précisé. Lui-même a rencontré « une quinzaine » de victimes depuis son entrée en fonction il y a un peu plus d’un an.

« Quand on me parle de 15.000 victimes en Irlande, on est face à quelque chose qui n’est pas une vaguelette, c’est un tsunami », a poursuivi Mgr Ravel pour qui « cette crise n’est plus gérable entre évêques ».

Nouvelle demande de pardon

Jugeant que l’Église ne devait pas être « une boîte noire », il s’est élevé contre l’attitude des évêques américains qui « ont dit explicitement : "Pas de scandale, couvrons l’Église, protégeons l’Église" ».

Dans sa lettre, Mgr Ravel renouvelle « sa demande de pardon » aux victimes de ces « catastrophes », pointant les « comportements atroces d’un certain nombre de prêtres » ainsi qu’une « maladie endémique dans l’Église catholique », une « gangrène ».

« Si nous ne sommes pas persuadés de la nécessité actuelle d’une thérapie collective pour l’Église, nous continuerons d’être solidaires, même inconsciemment, de ces actes », insiste-t-il, notant l'« imprescriptibilité psychique et spirituelle » de ces « crimes ». « Que faire avec les prêtres jugés et ayant purgé leur peine ? Doit-on leur proposer un ministère ? Les renvoyer de l’état clérical ? », s’interroge cependant Mgr Ravel qui appelle de ses vœux « une décision collégiale de l’Église de France ».

En attendant, l’archevêque de Strasbourg entend rédiger collectivement une « charte de bonne conduite » au sein de son propre diocèse.

>> A lire aussi : Accusé d'avoir couvert les agissements d'un cardinal prédateur, le pape François garde le silence