Parcoursup: Pas de proposition, formation acceptée faute de mieux... La fin de la procédure principale inquiète certains candidats

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR La procédure principale d’affectation des candidats dans l’enseignement supérieur prend fin ce mercredi à minuit, ce qui inquiète certains candidats... 

Delphine Bancaud

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Bourgoin Jallieu le 10/08/2018. Illustration de Parcoursup pour l'orientation des lycéens pour les études superieures. Credit: ALLILI MOURAD/SIPA
Bourgoin Jallieu le 10/08/2018. Illustration de Parcoursup pour l'orientation des lycéens pour les études superieures. Credit: ALLILI MOURAD/SIPA — SIPA
  • Ce mardi, il encore restait 49.000 bacheliers ou étudiants en réorientation toujours sans affectation sur Parcoursup et 72.000 qui espéraient encore obtenir une meilleure formation que celle qu’ils ont acceptée de manière non définitive.
  • Le ministère de l’Enseignement supérieur pense que les chiffres vont encore bouger dans les prochains jours, avec la fin de la procédure principale ce mercredi et grâce à la phase complémentaire.
  • Mais pour les étudiants encore sur le carreau, cette attente est très stressante.

« Je suis toujours dans l’attente et l’ignorance. Depuis le mois de mai, je suis obligée de consulter chaque jour la plateforme afin de voir si ma position dans les listes d’attente avance, sans grand succès. A quoi bon avoir un bac général si la suite de nos études n’est même pas assurée ? », écrit à 20 Minutes Yasmine.

Ce mercredi sonnera la fin de la procédure principale sur Parcoursup. Et depuis lundi, les candidats toujours dans l’attente ont moins de 24 heures pour répondre en cas de proposition d’admission de la plateforme. Malgré cela, ce mardi, il restait encore 49.000 bacheliers ou étudiants en réorientation toujours sans affectation sur Parcoursup et 72.000 qui espéraient encore obtenir une meilleure formation que celle qu’ils avaient acceptée de manière non définitive.

Axelle, qui a répondu à notre appel à témoins, est dans ce dernier cas : « J’ai obtenu mon bac S obtenu avec la mention Bien, et j’attends une place à Paris en double licence. Je suis aujourd’hui troisième sur la liste d’attente après des mois à espérer et désespérer. Mais avec la pré-rentrée ce jeudi dans l’université où j’ai accepté une proposition, je ne sais pas si je dois attendre d’éventuellement avoir une place, au risque de perdre ma place, ou m’inscrire pour me sécuriser, en abandonnant une formation dans laquelle je me serais sentie parfaitement bien. Je vis au jour le jour sans être inscrite nulle part, et je doute beaucoup sur mon avenir », nous raconte-t-elle.

« Mon stress ne cesse de grimper face à la rentrée qui approche »

Contacté par 20 Minutes, l’entourage de la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, demeure optimiste : « On est serein. Les chiffres ont beaucoup bougé depuis le début de la semaine et ce sera encore le cas avec la fin de la procédure principale », estime-t-on au ministère. D’ailleurs, depuis la fin août, les efforts n’ont pas été ménagés pour accélérer le processus d’affectation sur la plateforme d’orientation : Frédérique Vidal a ainsi rencontré les recteurs le 22 août et leur a demandé de donner un coup d’accélérateur.

Du coup, depuis, des commissions d’accès à l’enseignement supérieur (CAES) se sont tenues dans toutes les académies pour tenter de trouver des solutions aux candidats encore sur le carreau. Sauf que ce n’est pas toujours possible. « Il reste des cas compliqués de candidats dont les vœux ne sont pas en adéquation avec ceux qu’ils peuvent obtenir. Ou d’autres qui postulent à une formation en alternance, mais n’ont pas trouvé d’entreprise d’accueil. D’où un travail de dentelle pour les commissions », explique-t-on au ministère.

C’est le cas de Nora, qui a répondu à notre appel à témoins : « Je n’ai toujours pas eu de place en BTS tourisme ou commerce international. J’ai donc fait appel à la commission qui m’a proposé une classe passerelle inadaptée à ma formation initiale. Mon stress ne cesse de grimper face à la rentrée qui approche à grands pas. De plus, si des places en BTS se débloquent, je vais me retrouver face à un nouveau problème : tous les logements étudiants seront pris », s’inquiète-t-elle.

Les espoirs de la phase complémentaire

Par ailleurs, de nombreux jeunes n’ont pas répondu à la proposition d’accompagnement personnalisé de la commission rectorale parce qu’ils pensaient ne pas en avoir besoin. « Notamment car certains d’entre eux sont en haut de la liste d’attente de la formation qu’ils ont demandée », explique Lilâ Le Bas, présidente de l’Unef. C’est les cas d’Aoukar qui souhaite intégrer un BTS technico-commercial ou un BTS négociation relation client : « Depuis maintenant un mois et demi, je me trouve en deuxième position pour la formation de BTS technico-commercial tout cela à cause de la personne qui est en première position qui bloque la liste. Maintenant, je vois des élèves partir en cours et cela me rend hors de moi. Je me retrouve à la maison à attendre comme une chèvre », confie-t-il à 20 Minutes.

Face à ces multiples inquiétudes, le ministère de l’Enseignement supérieur se veut rassurant sur ce qui se passera à partir de ce mercredi puisque les jeunes ne l’ayant pas encore fait, pourront saisir de nouveaux vœux pour des formations disposant de places vacantes dans le cadre de la phase complémentaire : « 8.000 formations proposent actuellement des places restées vacantes en procédure complémentaire, ce qui laisse de nombreuses opportunités à saisir jusqu’au 20 septembre. Et les CAES fonctionnent jusqu’au 21 septembre ».

De leur côté, l’Unef, l’UNL, la FCPE et le SAF (syndicat des avocats de France) présenteront ce vendredi leur dispositif conjoint pour aider les jeunes après le 5 septembre.

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