Lyon: Des élèves du CE1 au CM2 réunis en une même classe dans une école pilote dans l'enseignement multi-âges

RENTREE A l’école primaire Louis Pasteur, dans le VIIIe arrondissement de Lyon, les classes muli-âges sont testées depuis l’an dernier et généralisées en cette rentrée...

Elisa Frisullo

— 

A Lyon, lors de la rentrée scolaire 2018-2019 à l'école Pasteur, dans le VIIIe arrondissement.
A Lyon, lors de la rentrée scolaire 2018-2019 à l'école Pasteur, dans le VIIIe arrondissement. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • A l’école primaire Pasteur, des élèves du CE1 au CM2 sont regroupés au sein d’une même classe.
  • L'objectif est de favoriser l'autonomie de l'élève dans l'acquisition des compétences et l'entraide entre les écoliers de la classe. 
  • Cette pédagogie innovante, portée par l’équipe enseignante, va faire l’objet d’une évaluation scientifique pour en mesurer les résultats sur les apprentissages des écoliers.

A l’école primaire Louis Pasteur, dans le VIIIe arrondissement de Lyon, il suffit, en ce jour de rentrée, de regarder la taille des enfants qui cohabitent en classe pour comprendre que la situation est inhabituelle. Depuis l’an dernier, cet établissement scolaire, classé en zone d’éducation prioritaire, a fait un choix pédagogique innovant, généralisé désormais à presque toutes les classes.

« En 2017, nous avons créé quatre classes multi-âges réunissant des élèves du CP au CM2. En cette rentrée, nous avons six classes regroupant des enfants du CE1 au CM2 et trois classes du CE1 au CM1 », explique le directeur de l’école Rosario Elia. Tous les CP, eux, sont désormais accueillis en classes dédoublées (classe à 12 élèves).

Plus répandues en maternelle ou en milieu rural, les classes multi-niveaux restent très exceptionnelles en milieu urbain. « C’était une volonté de l’équipe éducative, qui a travaillé dur pour mettre en place ces classes multi-âges. On fait travailler les compétences aux élèves non plus en fonction du niveau de classe mais en fonction du stade où en est chaque enfant », ajoute le directeur.

Des écoliers acteurs de leur apprentissage

Cette pédagogie repose sur une plus grande autonomie de l’élève qui décidera, notamment, lorsqu’il se sentira assez préparé, de faire évaluer telle ou telle compétence. « S’il est investi dans son apprentissage, s’il est acteur, il apprendra mieux qu’en restant passif une grande partie de la journée », estime Rosario Elia.

Dans chaque classe, où le nombre d’élèves est limité, plusieurs espaces ont été aménagés pour répondre aux différents besoins des écoliers. Et entre les enfants, les échanges sont permanents ou presque. Le maître continue bien sûr d’inculquer à chacun, les nouvelles notions scolaires et d’accompagner les enfants. Mais lorsqu’il s’agit de s’entraîner, les écoliers s’entraident.

« L’année dernière, une élève de CM2 m’a aidée à travailler. Je l’appelais quand j’avais besoin d’elle », confie une fillette de CE1. Pour les plus âgés de la classe, ce tutorat permet de « reconsolider leurs compétences afin de pouvoir les transmettre aux plus jeunes », ajoute l’un des enseignants.

Des parents à convaincre

Pour que le système fonctionne au mieux, l’équipe éducative a, dès l’an passé, multiplié les contacts avec les familles pour expliquer cette démarche innovante. Et rassurer. « Parfois, pour les familles, c’est difficile à accepter. Alors nous parlons beaucoup avec elles et nous les associons davantage à la vie de la classe », ajoute le directeur de Pasteur. « Nous venons d’arriver sur Lyon. Nous étions jusqu’alors en zone rurale, ma fille était déjà en classe multi-âges. Enseigner à de multiples niveaux, c’est faisable et bénéfique. Parfois, les enfants s’expliquent mieux les choses entre eux qu’avec des mots d’adultes, ce qui favorise l’apprentissage », témoigne une mère de famille.

« Depuis qu’elle est dans une classe multi-niveaux, le comportement de ma fille a changé », ajoute cette autre maman venue accompagner son enfant pour sa rentrée en CM2. « Elle est plus souriante, elle a envie de venir à l’école. Mais pour les résultats scolaires, c’est trop tôt pour dire si c’est bien. J’attends de voir comment elle s’en sortira au collège », souligne-t-elle.

Des résultats évalués par des chercheurs

Cette année, la pédagogie expérimentée à Pasteur va faire l’objet d’une évaluation scientifique. « Les instituteurs seront accompagnés par des équipes de recherches pour mesurer scientifiquement les objectifs fixés au niveau national », précise Guy Charlot, l’inspecteur académique du Rhône. L’objectif étant de déterminer si ce type de pédagogie améliore réellement ou non les performances des élèves.

Cette expérimentation, validée par la Cardie Lyon (Coordination Académique Recherche-Développement, Innovation et Expérimentation), doit être menée dans cette école lyonnaise pendant les trois prochaines années.

Lyon: Retour des quatre jours, quels changements pour les écoliers?