Orthographe: La Belgique veut rendre le participe invariable avec l’auxiliaire avoir

FRANCOPHONIE La fédération Wallonie-Bruxelles fait désormais cette recommandation et appelle d’autres pays francophones à la rejoindre…

Rachel Garrat-Valcarcel

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La complexe règle de l'accord du participe avec l'auxiliaire avoir va-t-elle enfin être supprimée ?
La complexe règle de l'accord du participe avec l'auxiliaire avoir va-t-elle enfin être supprimée ? — MYCHELE DANIAU / AFP

Les Belges (plus précisément, les Wallons) seront-ils ceux qui entameront, enfin, la simplification du français ? Ce lundi, la fédération de Wallonie-Bruxelles a annoncé sa décision de rendre l’accord du participe avec l’auxiliaire avoir invariable. C’est Libération qui a eu la primeur de la nouvelle en France.

Aujourd’hui (vous le savez forcément) l’auxiliaire avoir s’accorde en genre et en nombre seulement si le COD (complément d’objet direct) est situé avant le verbe dans la phrase (les tartes que j’ai mangées). Si non, non (j’ai mangé les tartes)…sans compter les exceptions. Avec la réforme, il s’agirait donc d’écrire désormais « les tartes que j’ai mangé ».

Des heures d’enseignement gaspillées

Une règle illogique et donc compliquée à faire comprendre, à tel point qu’elle nécessiterait près de quatre-vingts heures d’apprentissage à l’école pour les enfants. Trop, pour l’institution francophone belge, qui pense qu’on pourrait faire un meilleur usage de ces heures d’enseignement. D’autant que l’application de cette règle laisse largement à désirer par la suite.

Libération explique que ce sont deux professeurs belges qui sont à la manœuvre, et depuis plusieurs années déjà. Arnaud Hoedt et Jérôme Piron ont écrit une pièce de théâtre, il y a déjà quatre ans, sur le sujet. Elle a tourné en Belgique, puis en France, de quoi préparer les esprits.

Et en France ?

Aucune institution, pas même l’Académie française, qui doit déjà frissonner, n’a le pouvoir de dire comment doit s’écrire et se pratiquer la langue. C’est l’usage qui est la règle. La fédération de Wallonie-Bruxelles espère donc changer les usages en faisant cette nouvelle préconisation. Elle appelle d’autres institutions francophones de par le monde à la suite. Reste à voir comment cela se passera en France, où la moindre modification orthographique est vue comme un coup d’Etat et provoque une levée de boucliers.