Le producteur que les frères Bogdanoff sont soupçonnés d'avoir escroqué s'est suicidé

JUSTICE Mis en examen en juin dernier pour « escroquerie sur personne vulnérable » et « tentative d’escroquerie », les deux animateurs « contestent fermement » les faits qui leur sont reprochés…

M.C.

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Igor et Grichka Bogdanoff, ici le 21 septembre 2015, ont été mis en examen pour «escroquerie».
Igor et Grichka Bogdanoff, ici le 21 septembre 2015, ont été mis en examen pour «escroquerie». — THOMAS SAMSON / AFP

Cyril P., l’homme à qui les frères Bogdanoff sont soupçonnés d’avoir extorqué plusieurs centaines de milliers d’euros, s’est suicidé jeudi, a révélé franceinfo dimanche.

Igor et Grichka Bogdanoff avaient été placés en garde à vue en juin dernier puis mis en examen pour « escroquerie sur personne vulnérable » et « tentative d’escroquerie », soupçonnés d’avoir fait miroiter à ce producteur de 49 ans de « juteux placements, dans des projets artistiques, cinématographiques et scientifiques, mais aussi dans l’achat de véhicules de luxe ».

A l’époque, les deux animateurs avaient jugé les accusations « étourdissantes » et s’étaient dit « victimes d’une réalité parallèle ».

Mesure de mise sous tutelle

Le producteur, qui faisait l’objet « d’une mesure de protection de type mise sous tutelle ou curatelle », selon le Parisien, n’aurait pas supporté cette situation. « Il était très touché par la trahison de gens qu’il croyait ses amis. Il n’était plus libre financièrement, il se sentait déshonoré », déclare l’une de ses proches au journal.

Grichka et Igor Bogdanoff se sont rendus célèbres par leurs émissions télévisées et leurs essais sur la science et la science-fiction, mais leurs thèses scientifiques sont controversées. Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) avait rendu en 2003 un rapport au vitriol sur leurs travaux de recherche, contre lequel les frères Bogdanoff avaient formé un recours, perdu en 2015.

Igor Bogdanoff a de son côté connu plusieurs démêlés avec la justice. En 2014, il avait été condamné à une amende pour avoir falsifié son carnet de vol d’hélicoptère : il voulait se poser en 2012 près d’un centre commercial d’Etampes (Essonne) afin de promouvoir la sortie d’un de leurs livres. Plus récemment, il a fait l’objet d’une plainte pour « violation de domicile » de la part d’une de ses compagnes.