Nantes: Le camp de migrants du square Daviais, une situation «inextricable» selon la préfète

MIGRANTS Quelque 450 réfugiés se sont réinstallés cet été square Daviais, en centre-ville de Nantes…

20 Minutes avec AFP

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Un camp de migrants s'est reformé cet été square Daviais, en centre-ville de Nantes
Un camp de migrants s'est reformé cet été square Daviais, en centre-ville de Nantes — L. Venance/ AFP
  • Après les expulsions successives depuis plusieurs mois, la situation des migrants inquiète de plus en plus à Nantes.
  • « On ne peut pas héberger tous ceux qui sont là », estime la préfète Nicole Klein, alors que la maire Johanna Rolland demande à l’Etat l’ouverture de nouvelles places.

Rats, gale, abris de fortune… Expulsé par la police en juillet, réinstallé peu après, le campement du square Daviais, à Nantes, héberge encore quelque 450 réfugiés soudanais et érythréens dans des conditions spartiates. « C’est une situation inextricable », assure la préfète de région Nicole Klein. « On n’a aucune possibilité d’hébergement. Le dispositif est complètement plein, il n’y a plus de place. »

Depuis l’expulsion décidée par la préfète « pour des raisons sanitaires », le bivouac s’est peu à peu reconstitué, pour retrouver son niveau du mois de juillet. Environ 200 tentes, vertes et bleues, se sont installées sur les pelouses entourant le square Daviais, devenu trop petit pour accueillir les nombreuses personnes qui y ont échoué.

Un engagement de la ville

« La situation empire de jour en jour. Les soirées commencent à être fraîches, les gens tombent malades », raconte Christophe Jouin, coordinateur de L’Autre Cantine qui distribue plus de 400 repas chaque soir aux migrants. « Beaucoup de bénévoles, au moins une centaine, se mobilisent autour du camp, poursuit-il. Nantes est fidèle à sa tradition d’accueil. Mais ce n’est pas grâce aux pouvoirs publics. »

La maire de Nantes, Johanna Rolland (PS), s’est défendue de toute inaction en soulignant que la ville dépensait chaque année 1 million d’euros pour l’accueil des migrants, alors que ce n’est pas de sa compétence. La ville a notamment ouvert un gymnase pour accueillir 90 personnes « les plus fragiles ».

Et dans une lettre au Premier ministre Edouard Philippe datée du 20 août et restée sans réponse, Johanna Rolland a demandé l’ouverture de nouvelles places d’hébergement en centre d’accueil des demandeurs d’asile (Cada).

Situation « indigne »

« C’est un dossier qui illustre les problèmes nationaux. On ne peut pas héberger tous ceux qui sont là », estime la préfète Nicole Klein. « Ce qui se passe à Nantes, ce n’est pas du tout la manifestation d’une submersion de la demande d’asile en France », rétorque Pascal Brice, directeur de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), qui prévoit 120.000 demandes d’asile en France en 2018, un chiffre en hausse de 15 % environ sur un an. « C’est surtout révélateur des progrès qui restent à faire dans le domaine de l’asile en France, notamment au regard de l’hébergement », poursuit-il.

La semaine dernière, l’Ofpra a envoyé une dizaine d’agents à Nantes pour examiner en urgence les dossiers des habitants du square Daviais. Essentiellement Érythréens ou Soudanais du Darfour, ils devraient pour une grande partie d’entre eux bénéficier du droit d’asile en raison de la situation dans leurs pays d’origine.

En attendant, « nous devrions être capables d’inventer de nouvelles formes d’hébergement », estime le directeur de l’Ofpra. « Il faut absolument sortir de cette situation : c’est indigne pour les demandeurs d’asile et les habitants des villes concernées. »