Lyon: Des policiers de toute l'Europe en formation au Groupama Stadium pour lutter contre le hooliganisme

HOOLIGANISME Une cinquantaine de policiers sont actuellement en formation à Lyon pour améliorer la sécurité dans leur stade…

Caroline Girardon

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Un hooligan serbe, lors de du match Italie - Serbie, le 13 octobre 2010 à Gênes.
Un hooligan serbe, lors de du match Italie - Serbie, le 13 octobre 2010 à Gênes. — A.Garofalo/REUTERS
  • Une cinquantaine de policiers de toute l’Europe sont actuellement en formation à Lyon.
  • Ils sont venus voir de nouvelles méthodes pour mieux gérer la sécurité dans leurs stades et lutter contre le hooliganisme.
  • Cette formation était ponctuée d’une visite du Groupama Stadium.

Comment éviter les débordements dans les stades ? Et gérer les venues des supporters étrangers lors des matchs de football ? Une équation pas toujours facile à résoudre. Une cinquantaine de policiers venus de toute l’Europe, participent actuellement à une formation sur le sujet, dispensée à Lyon, en coopération avec l’EU think tank on football security, le groupe de réflexion européen sur la sécurité.

Parmi les ateliers proposés : la découverte des coulisses du Groupama Stadium. Un stade moderne, possédant des technologies de pointe. Et des équipements inédits dont des cellules où peuvent être détenus des suspects interpellés à l’issue des rencontres. « L’idée est surtout de montrer comment, quand on construit son propre stade, on peut envisager de créer des structures qui permettent d’avoir une meilleure sécurité pour les spectateurs », lâche en préambule Anthony Jaffre, guide-conférencier, chargé de guider la délégation européenne.

Le stade possède désormais 320 caméras

« La vidéosurveillance est déterminante », expose un représentant de la police lyonnaise, travaillant en étroite collaboration avec l'Olympique Lyonnais. « Nous laissons le club agir en premier. Ensuite si nécessaire, nous intervenons », ajoute-t-il. Le stade possède désormais 320 caméras. Contre 250 lors de son inauguration. « Il y avait des zones noires non couvertes. On a amélioré le système pas à pas », expose Anthony Jaffre.

Aujourd’hui, chaque visiteur est suivi par cinq caméras, du parking jusqu’à son installation dans les tribunes. « Trois caméras directionnelles, possédant une qualité d’image optimale, sont braquées sur les sièges. Ce qui permet de filmer les supporters sous différents angles. On peut zoomer, faire des photos très précises », ajoute-t-il. Et d’identifier très aisément les fauteurs de trouble. Repérer facilement les hooligans qui se seraient incrustés dans les gradins.

« Ils aiment jouer au chat et à la souris »

« Ils aiment jouer au chat et à la souris. Ils ont toute une stratégie. Quand ils lancent des fumigènes, ils se cachent souvent dessous les banderoles. Ce qui évite d’être repéré », glisse Anthony Jaffre. Mais les policiers ont désormais leur technique. « Contrairement aux autres supporters, ils ne portent pas de signes distinctifs comme des tee-shirts à l’effigie de leurs clubs. Ils sont vêtus de jean ou blouson en jean qui leur permet de résister en cas de chute. Ils sont munis de casquettes et de foulards qui leur servent à dissimuler leur visage », expose un agent lyonnais.

« Les caméras sont réellement indispensables pour les interpeller. Dans 99,99 % du temps, ce sont les stadiers qui viennent chercher la personne en tribunes pour éviter de provoquer des réactions avec une intervention policière. L’interpellation en tribunes, c’est réservé aux cas extrêmes », précise Anthony Jaffre, reconnaissant toutefois que « le risque zéro n’existe pas ».

Des supporters englués dans une toile d’araignée

Ce fut le cas lors du match face au CSK Moscou le 15 mars. Ou contre Besiktas, la saison précédente. « Mais ce jour-là, le stade nous a aidés à permettre aux gens d’aller sur la pelouse. Dans une enceinte moins moderne, cela aurait été impossible », nuance-t-il.

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Autre dispositif novateur de sécurité novateur : le « dispositif Wembley », inspiré des stades anglais. « Cela évite de poser des grilles dans les gradins. Le système amovible est composé de barres qui peuvent se mettre à l’horizontal, comme un filet. En résumé, les supporters, qui voudraient envahir le terrain, sont comme englués dans une toile d’araignée. Cela ralentit leur progression », observe Anthony Jaffre.

« Quand vous mettez des supporters en cage… »

L’enceinte possède également à l’intérieur de ses murs un petit commissariat de police, équipé d’une salle d’armurerie. Un représentant du parquet et un avocat sont également présents les soirs de match, prêts à intervenir en cas de garde à vue. En bref, des locaux adaptés pour le début des procédures judiciaires. Ce qui n’a pas manqué d’interpeller Yves Brantegem, de la police d’Anvers, en Belgique.

« Chez nous, les stades sont bien plus vieux. On a des caméras mais le chemin est très long. Nos stades sont au milieu des villes. Ce qui ne pose pas beaucoup de problèmes avec les supporters visiteurs ». Et d’ajouter à titre de comparaison : « Chez nous, les supporters dans des cages, derrière des grilles. C’est moins subtil qu’ici. Et si vous mettez les personnes dans des cages, ils réagissent… Comme des personnes en cage ».

 

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